Arnaud Montebourg, entrepreneur et ancien ministre, est l'invité de Nicolas Demorand à 8h20.

L'ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg, qui a fondé après sa mise en retrait de la vie politique le label de miel français Bleu Blanc Ruche, juge ce vendredi sur France Inter, que "le macronisme, c’est le nouveau parti conservateur qui a remplacé l'UMP/LR et qui l’a fait avec les habits de la nouveauté. Et qui, finalement, mène la même politique que toujours."

On revient toujours à la même politique. Il est là le problème : il n’y a pas d’alternative.

"Le macronisme, poursuit Arnaud Montebourg, c'est l'adaptation de la France aux normes de la mondialisation" : "On dit aux Français 'vous êtes des fainéants, vous êtes des idiots, moi je sais donc je vais vous dire ce qu’il faut faire'. Mais la France ça n'est pas ça : c’est Napoléon Bonaparte, c’est le général de Gaulle et c’est la France qui a fait le reste du monde. Ce n’est pas la France qui s’est adapté au reste du monde."

"C’est ça le sens du mouvement des gilets jaunes, analyse encore l'ancien ministre. Les français ne sont pas décidés à laisser leur destin dans les mains des autres. La riposte au macronisme c’est le retour de la nation, il y a le risque que nous entrions dans une décennie noire politique. Nous allons nous retrouver avec des nationalistes extrémistes au pouvoir parce que les français ne sont pas d’accord avec cette politique."

"Yannick Jadot doit se prononcer sur l'économie ouverte"

Interrogé sur l'action écologique et les récentes annonces du gouvernement sur le sujet, Arnaud Montebourg dit qu'il "n'y croit pas" parce qu'il n'y a, selon lui, "pas d'ambition".

Arnaud Montebourg donne plusieurs exemples : "Si on voulait revenir à un bio généralisé, ce serait une politique très intéressante. Ça voudrait dire qu’on abandonnerait un certain nombres de pratiques qui sont encore majoritaires. Ça voudrait dire qu’il faudrait réorganiser la PAC et les subventions, la renationaliser, ce qui n’est pas impossible (...). Ça changerait énormément de choses. Il n’y a pas de gouvernement qui propose ça aujourd’hui. Les organisations syndicales ne sont pas forcément favorables, mais il y a un débat à ouvrir et ce débat n’existe pas."

Autre constat, fait par l'ancien ministre : 

Il y a eu quatre ministre de l’Écologie et de l’Environnement sous François Hollande, déjà deux sous Emmanuel Macron : c’est l’impossibilité d’agir

"Le syndrome Nicolas Hulot est le symbole de ça. L’écologie n’est pas incompatible avec le capitalisme, elle est incompatible avec la mondialisation c'est-à-dire avec l’ouverture absolue des frontières."

Arnaud Montebourg s'adresse au passage à Yannick Jadot, eurodéputé EELV, dont la liste est arrivée troisième aux élections européennes : "Il doit se poser la question de l’économie ouverte. La taxe carbone, on ne pourra pas le faire avec l’Union européenne, il va falloir le faire avec la France. Est-ce qu’on accepte avec l’Allemagne des rapports pacifiques sur le plan économique alors que c’est le premier émetteur avec la Pologne de CO2.Cette question de savoir si on peut continuer à avoir des rapports ouverture très tranquilles avec des partenaires économiques qui ne respectent pas ce que nous faisons est posée."

L'ancien ministre, qui a fondé le label de miel français Bleu Blanc Ruche après sa mise en retrait de la vie politique, estime que "le problème dans la politique c'est que tout est conflictuel : c'est extrêmement difficile de faire aboutir un projet. L'entreprise est unificatrice."

  • Légende du visuel principal: Arnaud Montebourg © AFP / Thomas Samson
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