Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, est l'invité du Grand entretien de France Inter.

"Oui, ça repart très fort" dans l'économie, assure le patron du Medef. "On le voit sur les terrasses qui sont remplies ou les réservations pour les vacances. Il y a un effet de rattrapage, une envie de nos concitoyens, qui sera très fort dans les prochaines semaines et les prochains mois. Les gens sont un peu euphoriques. Mais il faut être prudent, parce que derrière, quand on regarde en septembre, il y a quelques incertitudes. C’est difficile de dire si cette reprise va durer."

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Pour lui, "il y a des incertitudes de court terme : paradoxalement, le recrutement. Depuis un ou deux mois, je vois des patrons qui ont du mal à recruter. Il y a plein de cas de figure : manque de compétence, de mobilité… On retrouve ce qu’on avait avant la crise. Il y a aussi un point conjoncturel, qui est le manque de matières premières, ou leur prix. On manque de bois, par exemple, or une filière bois ça ne se construit pas en quelques jours. Et il y a des choses plus inquiétantes : à horizon plus lointain, les tensions entre la Chine et l’Occident."

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"On voit qu’on arrive à la fin d’une époque de mondialisation. Quand Bill Clinton fait entrer la Chine dans l’OMC, le pari qui est fait c’est que la Chine s’approchera de notre modèle démocratique. En fait, on voit tous qu’il ne se produit pas ça, que la Chine veut jouer avec d’autres règles du jeu que les nôtres. On est passé d’un modèle qui était équitable à un autre qui ne l’est plus. On a l’impression qu’on revient à une période que notre génération n’a heureusement pas connue."

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Geoffroy Roux de Bézieux estime toutefois que ce n'est "pas inévitable, l’Europe n’est pas obligée de choisir entre deux blocs (USA et Chine). Il faut probablement inventer une manière d’équilibrer les échanges, et d’avoir les mêmes règles du jeu. Le pire n’est pas certain, mais ces nuages à l’horizon inquiètent le monde économique et doivent nous inquiéter."

"Je ne crois pas à une vague de plans sociaux ou de faillites"

Pour lui, il va falloir surveiller de près ce qui se passe dans l'économie ces prochains mois.

"Au fond, ce qui compte, c’est quand on va retrouver le niveau de PIB, le niveau de vie de 2019. Il y a beaucoup de milliards d’euros d’épargne forcée, donc il va y avoir un effet consommation. L’effet de rattrapage de 2021, il est probable, la vraie question c’est pour 2022 et les années suivantes."

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"En mars 2020, on prédisait un million de chômeurs supplémentaires et ça ne s’est pas produit, l’économie française a beaucoup mieux résisté, notamment avec le chômage partiel", rappelle le président du Medef. "Je pense qu’on n’aura pas une augmentation massive du chômage. Je ne crois pas à une vague de plans sociaux ou de faillites. Il y aura des faillites parce qu’avec le système de prêts garantis par l’État, on a gelé le processus naturel : c'est difficile à entendre quand on est concerné, mais faire faillite, ça fait partie de la vie économique. Il y a 60.000 faillites par an en moyenne, en 2020 il n’y en a eu que 40.000. Il y aura un rattrapage, on a des études sur nos adhérents qui disent qu’à peu près 5 % des entreprises vont avoir des difficultés à rembourser le prêt garanti par l’État. C’est assez concentré, plutôt sur des petites entreprises et plutôt sur des secteurs fermés. Il faudra les aider, peut-être allonger le prêt garanti par l’État."

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Il estime toujours qu'il faut arrêter dès que possible la politique du "quoi qu'il en coûte". "Soyons clairs : il fallait le faire. Ça a permis d’éviter une explosion du chômage et des faillites. Mais c’est pas une politique de long terme : il ne faut pas en faire du “quoi qu’il en coûtisme”. C’était des mesures de compensation des mesures de restrictions sanitaires. À partir du moment où les restrictions sont arrêtées, il faut arrêter les aides. Il peut y avoir des exceptions : par exemple, dans l’événementiel, on sait que c’est pas parce qu’on peut refaire des événements le 30 juin que ce sera le cas, il faut quelques mois pour redémarrer. Il y a des cas particuliers, comme ceux qui vivent des touristes étrangers. Mais on n’est pas patron pour être aidé par l’État. Y a-t-il un risque que par stratégie électorale, on continue à dépenser ? Oui, mais nous on passe ce message."

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Télétravail, nouvelle économie : "Comme toute crise, ça crée des choses assez pérennes"

"Ce que je vois dans les entreprises, c’est un climat très positif", explique Geoffroy Roux de Bézieux. "On a énormément discuté pendant cette période dans les entreprises, notamment sur le télétravail. On ne sent pas un climat tendu. Et puis il y a le climat politique et sur les réseaux sociaux, hystérisé. On a l’impression qu’il y a un peu deux pays : celui de la vie économique, où ça se passe plutôt bien, et la surface des choses qui paraît hystérisée. Et je crains une campagne présidentielle hystérisée, comme tout le monde. J’aimerais qu’on parle des sujets économiques en débattant sereinement."

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Le télétravail, par exemple, va-t-il perdurer même après la crise ? "Oui, mais pas pour tout le monde : ça concerne un certain nombre de professions, de métiers, de niveaux… Quand vous êtes ouvrier métallurgiste ou boulanger, il n’y a pas de télétravail possible. Mais pour ceux qui le peuvent, on le voit dans les entreprises, on trouve le point d’équilibre. On voit que ça a des conséquences profondes et qu’on ne reviendra pas en arrière. Ça a des conséquences sur l’immobilier, à la fois l'immobilier de bureau et l’immobilier résidentiel), sur la manière de travailler, sur les outils qu’on utilise… Comme toute crise, ça crée des choses assez pérennes !"

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  • Légende du visuel principal: Geoffroy Roux de Bézieux, dans les studios de France Inter, jeudi 12 décembre 2019. © Radio France / France Inter
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