Cécile Duflot (Oxfam), Alain Grandjean (Fondation Hulot), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Fanny Giansetto (Notre affaire à tous), représentants d'ONG, sont les invités du grand entretien de Nicolas Demorand à 8h20.

Initiative inédite en France, plusieurs ONG ont décidé de mener une action en justice, un recours devant le tribunal administratif de Paris, pour dénoncer l’inaction climatique de l’État, plus connue sous le nom de “l’Affaire du siècle”. 

Nous attendons l’action : l’État n’est pas à la hauteur des engagements qu’il a pris lui-même, notamment lors de l’accord de Paris”, estime Cécile Duflot, présidente d’Oxfam. “L’État est un justiciable comme un autre et il n’y a pas de raison qu’il ne le soit pas. Notre objectif est que l’état soit condamné à agir.” 

“Notre objectif est que l'État soit condamné à agir”

Nous agissons par rapport aux obligations juridiques de l’État. Il s’est engagé juridiquement, conventionnellement et légalement à réduire ses émissions de gaz à effets de serre, avec des objectifs chiffrés. Aujourd’hui, ils ne sont pas remplis”, ajoute Fanny Giansetto de l’ONG “Notre affaire à tous”.

Alain Granjean, de la Fondation pour la Nature et l'Homme (ex-Fondation Hulot) donne un exemple : celui de l’État, qui veut faire rénover 500.000 logements par an. “Mais les faits montrent que c’est loin d’être réussi” dit-il. “Les ménages ne peuvent pas rénover seuls leurs logements, c’est à l’État de faciliter cela (...) d'introduire des normes, des règlements et des outils pour réduire ses émissions de gaz à effets de serre”. 

Judiciarisation à outrance ? 

On ne va pas se contenter de ce recours : il y a des marches pour le climat, vendredi et samedi. Mais à un moment donné, l’urgence est telle qu’il faut tout essayer et l’outil juridique est un outil supplémentaire” estime Jean-François Julliard de Greenpeace France. Il poursuit : “Nous voulons faire reconnaître que l’État à une obligation d’agir, faire reconnaître les manquements, les objectifs qui ne sont pas atteints. On croit vraiment en nos chances de réussir”. 

Répondant à la question d'un auditeur reprochant aux ONG une judiciarisation à outrance de leur combat, Fanny Giansetto (Notre affaire à tous) estime que “c’est le principe de l’état de droit”. “Quand il y a des faits, poursuit-elle, des cas aussi grave que ça, la justice est la seule contrainte et la seule façon d’indemniser les victimes et là, ce sont des millions de victimes dont on parle”. 

“_La dignité d'un président de la République c'est de prendre les mesures qui permettront aux générations futures de ne pas vivre des difficultés considérables dans 20 ou 30 an_s”, ajoute Cécile Duflot. 

Quelque soit le ministre, il ne peut pas agir sans qu’il y ait un cap fixé pour le gouvernement, par le Premier ministre et le président de la République.  La question du dérèglement climatique impacte des pans entiers de noter économie et cela va bien plus loin que le simple périmètre du ministre de la Transition écologique” estime quant à lui Jean-François Julliard de Greenpeace, lorsque Nicolas Demorand rappelle l’épisode du départ de Nicolas Hulot du gouvernement.

  • Légende du visuel principal: Une manifestation pour le climat à Paris. © AFP / Jacques DEMARTHON
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