L'économiste Philippe Aghion, ex-conseiller du candidat Macron lors de sa campagne électorale, est l'invité du Grand Entretien de France Inter à 8h20.

Philippe Aghion
Philippe Aghion © AFP / Leemage

"C’est important de procéder à une réforme de l’état , mieux cibler les dépenses" estime celui qui a participé à la rédaction du programme économique et social du candidat Macron, "mais l’inquiétude du pays ne se résume pas à une baisse d’impôts".

Il faut prendre le débat dans l’autre sens : quel niveau de service public veut-on ?

"Peut-être qu'il y a une stratégie électoraliste d’aller pêcher des voix à droite, j’espère que ce n’est pas l’explication, que c’est juste le calendrier" poursuit l'économiste qui confie être "un peu perdu".

Avec le Premier ministre , c’est un peu gentil flic/ méchant flic (...) L’intervention du Premier ministre la semaine dernière a même créé du trouble chez ceux investis dans l’entreprise 'En marche'

"Macron devrait se dire qu’avec un taux d’intérêt très bas, il a le temps de faire des réformes sur le long terme. Ils disent qu’ils n’en ont pas, mais il y a des marges de manoeuvres."

Que faire des niches fiscales ?

"Sur le timing, il y a eu des erreurs de parcours ( CSG, retraites, taxe carbone)" estime encore l'économiste : "On réforme mais en investissant et en se donnant le temps : ça donne des marges pour réformer sur le long terme (...) Il y a un besoin de justice fiscale : en même temps qu’on passait à la flat tax, il fallait mettre à plat les niches fiscales".

"Il y a des charges prises par l’état sur certains salaires, et on peut récupérer 4 milliards sur le CICE au-delà de 1,6 SMIC (...) Il faut mettre à plat les niches fiscales pour les évaluer et récupérer un certain nombre de milliards, c’est un ‘En même temps’ très naturel".

Sur la vente d'ADP (Aéroport de Paris)

"Les bénéfices d’ADP ont doublé depuis 5 ans" estime Philippe Aghion, "J’ai l’impression qu”on veut privatiser pour réduire la dette publique. Les taux d’interêts vont rester bas pendant encore longtemps, donc je ne vois pas l’urgence."

Le dossier sensible des retraites 

"Il ne fallait pas commencer par désindexer, c’était une erreur, j’ai jamais compris" confie Philippe Aghion, "beaucoup de retraités se sont sentis pris en otage".

"Agir par l’âge, c’est injuste" estime Philippe Aghion à propos de la réforme des retraites : "Des gens qui ont commencé tôt dans des travaux pénibles financent des gens qui ont commencé plus tard, dans des travaux moins pénibles : des gens défavorisés subventionnent encore plus les autres".

Les invités
  • Philippe AghionEconomiste, professeur à l'université d'Harvard et à l'Ecole d'économie de Paris
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