Geneviève Fraisse, philosophe de la pensée féministe, raconte avoir été "complètement sidérée" par l'affaire de la Ligue du LOL. Elle était vendredi l'invitée du grand entretien de Nicolas Demorand à 8h20.

"J’ai été totalement sidérée par la Ligue du LOL et pourtant je fréquente ces questions là continuellement mais j’ai été complètement sidérée" a déclaré sur France Inter la philosophe de la pensée féministe, Geneviève Fraisse, invitée du grand entretien. "Le pouvoir pris, avec autant de facilité, et sur un sujet qui normalement se traite sur les bas-côtés" surprend la philosophe. 

"LOL, ça veut dire 'rire aux éclats'. C'est important de le dire ! Ça veut dire entre soi et par rapport à quelqu'un. On a parlé de cour de récré mais ça me gène un peu : si les garçons prennent la place de jouer au foot, ils repoussent les filles sur le bord certes, mais il n'y a pas cette double chose de s'approprier un espace et en même temps dans l'exclusion des autres, de les détruire."

Geneviève Fraisse estime qu'avec #MeToo, les femmes ont eu les moyens de porter leurs témoignages par leurs capacités économiques et sociales. "Il faut être assurée économiquement et socialement pour pouvoir prendre la parole comme des stars, des comédiennes l'ont fait il y a un peu plus d'un an. La question posée là c'est que les femmes n'ont pas les moyens de prendre la parole. Elles sont en bas de l'échelle dans les médias et en plus risquent leur poste" dit-elle. 

Le sexisme est pour Geneviève Fraisse synonyme de la "disqualification". "Je le vis moi-même aujourd'hui encore et ça veut dire 'Tu n'est pas de la même qualité de moi'" dit-elle. C'est en suivant ce principe qu'elle explique "que les homosexuels et les 'racisés' étaient aussi dans la tourmente" de la Ligue du LOL.

L'affaire Baupin et #MeToo : les hommes "se sont mis en position d'inversion de la charge de la preuve"

"Il y a plusieurs hommes français qui ont porté plainte pour diffamation après MeToo. C'était notable que les hommes ont, au lieu de dire 'Quelle imbécile, qu'est-ce qu'elle raconte cette hystérique', ce qui a été dit pendant des années, ils se sont mis en position d'inversion de la charge de la preuve. C'est-à-dire 'Vous m'accusez, alors je porte plainte et je vous accuse'". La philosophe estime que, dans l'affaire Baupin, ce dernier "est dans la situation de dire que c'est lui qui dit pourquoi les femmes ont tort. Sauf qu'il ne vient pas", évoquant le fait que Denis Baupin ne s'est pas présenté devant le tribunal au procès en diffamation qu'il avait intenté à ses accusatrices. 

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