Martin Hirsch, directeur général de l'APHP, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

Malaise dans les hôpitaux  et actions spectaculaires

Martin Hirsch réagit après les actions des personnels soignants qui ont publiquement retiré leurs blouses, en disant "ça me touche beaucoup". "Les discussions que l’on a avec eux, c’est comment montrer qu’on a de très grosses difficultés sans gêner les soins. Ils nous disent on veut être entendu, on ne veut pas déranger les patients, du coup ça prend des formes spectaculaires. ça peut être le retrait de blouse".

Martin Hirsch précise qu'il dispose de financement pour recruter 600 infirmier.e.s supplémentaires, et pour augmenter les rémunérations de l’ordre de 40 millions d’euros, ce qui ferait 1 000 euros par an en moyenne. "ça peut commencer à changer les choses", explique-t-il. 

Il cite l'exemple de la mesure "Zéro brancard", qui s'applique urgence par urgence, "quand on constate qu'il vous manque des lits, on autorise a en ouvrir d’avantage, pourvu que ça aille vraiment aux patients".

Plus de 1.100 médecins hospitaliers se sont engagés à démissionner de leurs fonctions administratives si Agnès Buzyn, ministre de la santé, n'ouvre pas de "réelles" négociations sur le budget de l'hôpital et l'augmentation des salaires.

Je réponds qu'"on a envie d’améliorer les choses, on veut les mettre en oeuvre le plus rapidement possible. Les mesures sont annoncées depuis le 20 novembre, certaines ne sont pas encore mise en oeuvre", dit Martin Hirsch. 

Il rappelle sa volonté d'associer les soignants aux décisions. 

Argent public ou générosité privée ? 

L’hôpital public accuse une dette de 2,4 milliards, dont  le gouvernement a annoncé la reprise de 800 millions d'euros. "La reprise de la dette, ça rapporte plus d’argent que ce que les hospitaliers demandent", explique Martin Hirsch."J’ai proposé qu’on mette 200 millions sur le logement . On le fait en 2020, maintenant", précise directeur général de l'APHP.

La contestation est importante, le malaise important, la confiance ça se renoue, c’est un travail de tous les jours. Ça consiste à mettre en oeuvre les choses

Faut-il s’adresser à la générosité des français pour améliorer la situation des hôpitaux publics ? 

Martin Hirsch : "Cette générosité privée a toujours existé, ce n’est pas un phénomène nouveau, depuis la comtesse de Lariboisière, jusqu'aux pièces jaunes de Bernadette Chirac, ça ne remplace pas l’argent public. (...) Je dirige  des hôpitaux en déficit, on ne nous a pas fermé pour autant. il n’y a pas LA question de la rentabilité, la question est  est ce que l’argent va où c’est le plus utile."

Le directeur général de l'APHP concède que les hôpitaux publics français sont en retard, en terme de salaires, par rapport aux pays européens, et qu'il existe un mouvement de malaise général qui le "préoccupe". Il y a des départs de médecins dans le privé, pour quelques personnalités emblématiques. "D’un coté on a des statuts et des salaires hyper normés, de l'autre certains peuvent gagner en un jour ce que certains gagnent en une semaine"

Les cadres du XXe siècle ne correspondent plus aux aspirations actuelles, on est prêt à réinventer les choses. 

D'une manière générale, Martin Hirsch, conclut : "je ne pense pas qu’on est en train de casser le modèle social, même s'il est soumis à rude épreuve".  Aux soignants des hôpitaux publics, il rappelle : "Ma porte est ouverte, des améliorations vont se faire, on est à l’écoute". 

  • Légende du visuel principal: Martin Hirsch © AFP / Ludovic Marin
Les invités
  • Martin Hirschdirecteur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.