Nathalie Loiseau, députée européenne, membre du groupe Renew Europe ("Renouveau européen" en français), et présidente de la sous-commission à la Défense au Parlement européen, est l'invitée de Frédéric Métezeau.

Alors que l'Assemblée nationale s'apprête à adopter la ratification du traité commercial avec le Canada, le CETA, la députée européenne Nathalie Loiseau dénonce "une espèce d'hystérie anti-commerce qui devient un peu préoccupante", dit-elle, rappelant que "un salarié sur cinq travaille dans une entreprise qui vit de l'exportation". 

"On ne va pas arrêter de commercer au motif que le meilleur moyen de ne pas émettre de gaz à effet de serre, c'est ne pas avoir d'avion cargo ni de bateau qui traverse l'océan. Ce n'est pas raisonnable".

Nathalie Loiseau rappelle que le CETA est un accord avec le Canada, qui est "un pays qui a des progrès à faire - Justin Trudeau l'a reconnu - qui s'est engagé sur une taxe carbone". "Nous ne nous laisserons pas des normes dont nous ne voulons pas", assure-t-elle, et explique que "depuis deux ans que le traité est appliqué de manière provisoire, la France y a beaucoup plus gagné que le Canada : on exporte beaucoup plus de vins, de spiritueux, de produits laitiers". Quant au bilan carbone de ces échanges commerciaux, "il est préoccupant, que le commerce se fasse avec ou sans taxe" affirme la députée européenne. 

Après des débuts houleux au Parlement européen, Nathalie Loiseau a été élue présidente de la sous-commission de la Défense au sein du Parlement. Elle reconnait avoir fait des erreurs, qu'elle explique par "un manque d'expérience et par la fatigue" accumulée au cours de la campagne des élections européennes. "Peut-être que mon erreur a aussi été de faire confiance à des journalistes à qui j'ai parlé en off", ajoute-t-elle. 

Chargée des questions de défense, elle revient sur l'annonce d'une "Initiative européenne d'intervention" qui a permis à des soldats de neuf pays d'Europe de défiler dimanche lors du 14-Juillet sur les Champs-Elysées : "Depuis deux ans, il y a de l'argent européen qui va à de la recherche et du développement sur des capacités communes, il y a de la coopération entre pays européens pour apprendre à mieux travailler ensemble, et il se trouve qu'il y a cette Initiative européenne d'intervention lancée par le président de la République et qui rassemble dix pays qui veulent avoir une culture stratégique commune, qui veulent apprendre à planifier ensemble, à évaluer les menaces ensemble et à être capables d'intervenir ensemble". 

Elle met l'accent sur la nécessité d'une vraie diplomatie européenne, qui a par exemple permis "de mettre un coup de frein au risque de prolifération nucléaire en Iran", et qui nécessite un accord fort, selon elle, avec les pays des Balkans, sans pour autant que ceux-ci intègrent l'Union : "Les pays des Balkans sont au cœur géographique, historique et culturel de l'Europe, mais ils ne sont pas prêts, et nous ne sommes pas prêts à les accueillir, mais nous devons nouer un partenariat étroit". 

"Si nous ne sommes pas présents, d'autres y sont déjà : les Russes, les Chinois, les Qatariens. La nature a horreur du vide".

Sur la question du Brexit, la députée européenne explique travailler avec des députés britanniques libéraux-démocrates (LibDem) qui œuvrent en faveur d'un maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union. Elle dit souhaiter que le pays reste au sein de l'UE, car tout autre accord, "tout ce qu'on ferait d'autre, ce serait moins bien", mais en même temps elle rappelle que "c'est aux Britanniques de le décider". Nathalie Loiseau invite toutefois le pays à se décider : "Ils savent dans quelles conditions ils peuvent sortir, s'ils veulent rester ils savent que la porte ouverte, mais c'est à eux de prendre la décision et ce que nous leur disons c'est qu'il faut se décider, car la politique du "un pied dedans, un pied dehors" n'est bonne pour personne". 

Invitée enfin à réagir aux accusations qui visent François de Rugy, Nathalie Loiseau a rappelé qu'il existait pour les représentants de l'Etat un devoir d'exemplarité et de sobriété mais qu'une inspection était en cours. Elle a par ailleurs appelé à "un devoir de retenue de la part de la classe politique et des médias". 

  • Légende du visuel principal: Nathalie Loiseau, ministre chargée des Affaires étrangères, sur France Inter © Radio France /
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