Le fondateur du Mouvement Place Publique, Raphaël Glucksmann était l'invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il a annoncé le lancement d'une liste commune avec Claire Nouvian, avec qui il avait fondé Place Publique, en vue des Européennes, et appelle au rassemblement de la gauche dans cette liste.

A la tête de Place Publique, Raphaël Glucksmann, qui affichait dans ce mouvement une volonté de réunion des gauches, va-t-il se lancer dans la campagne des Européennes ? Invité sur France Inter ce vendredi matin, il l'a annoncé : "Aujourd'hui, on va lancer une campagne en tandem avec Claire Nouvian", avec qui il avait déjà co-fondé ce mouvement. "Cette campagne vise à ébranler la scène politique : on ne peut pas se résoudre à ce spectacle figé". 

L'essayiste explique avoir constaté l'échec d'une tentative d'union de la gauche, malgré des discussions avec tous les partis de ce camp politique : "Pendant trois mois on a parlé à tout le monde. Il y a trois semaines encore, j’ai été voir Yannick Jadot en lui disant qu’on pouvait ramener le PS et Génération.s derrière toi sur une liste écologiste. C’est l’inverse de ce qu’ont toujours fait les Verts. Ce qui était le wagon deviendrait la locomotive. La réponse a été 'non, on a déjà une logique, une campagne lancée'. On n'était pas une menace (...) Tant qu'on n'est pas une menace, on ne fait pas bouger les appareils". 

"Il y a des logiques d'appareils et d'egos : ce n'est pas à la hauteur"

Il déplore l'existence de logiques d'appareils politiques encore trop présentes : "J’ai vu des réunions entre des gens qui jadis étaient tous dans le même parti, qui parlent de congrès dont moi je n’ai aucune idée, je ne sais pas ce qu’il s’y est passé". 

Dans la liste qu'il lance avec Claire Nouvian, Raphaël Glucksmann appelle donc au rassemblement : "On va entrer en campagne, et on appelle les partis qui ont travaillé avec nous sur l’élaboration de combats communs, d’abord le PS qui a un conseil national demain, ensuite des partis comme Nouvelle Donne, et je suis convaincu que parce qu’une dynamique s’est créée, cette liste sera ouverte et accueillera des gens de Génération.s, d’EELV, et qu’il y aura ce rassemblement".

Cette liste, qu'il portera donc avec Claire Nouvian, est une liste "de rassemblement, ce ne sera pas une liste avec des logos de partis politiques, ce sera une liste pour une Europe sociale, écologique et solidaire. On lance une dynamique, nous on y va, on est prêts à prendre la tête de cette campagne".

"On va porter une liste, et faire en sorte qu'on ne soit pas les seuls à la porter".

Il se dit par ailleurs "confiant que le PS va nous rejoindre demain, et que Nouvelle Donne nous rejoindra. Dans 15 jours on se reparle, et que Génération.s nous rejoindra, et que le grand débat sera posé sur la table de savoir ce que feront les Verts. On va lever un espoir, une dynamique, et le paysage politique sur cet espace désespérant aura changé." 

Comment, alors, ne pas relancer "la machine à perdre" de la gauche ? Raphaël Glucksmann croit en la puissance des sympathisants et des militants, au-delà des appareils de partis. "On entend la même chose partout, il y a des militants qui viennent nous dire qu’ils ne voient pas l’intérêt de faire campagne les uns contre les autres. On va les rassembler, je suis convaincu. J’appelle le PS d’abord à nous rejoindre. Et on va faire campagne ensemble, sur des principes qui ont longtemps été portés par ce parti".

“Les appareils ne veulent pas, mais à un moment il faut qu’ils écoutent les sympathisants, qui, eux, le veulent”.

"Bien sûr que les gens n’ont pas compris quand on a lancé Place Publique", concède-t-il, racontant : "Benoît Hamon m’a dit 'pourquoi vous lancez un mouvement, il y a déjà un mouvement ; rejoignez Génération.s'. Nous on a conscience que personne ne peut y aller seul. Le but, c’est quoi ? De faire 6, 5, 3, 2% le 26 mai ? Dès demain on ne sera pas seuls. Je suis convaincu que le PS, que Nouvelle Donne viendront, et qu’ensuite les autres ne pourront pas rester seuls”. 

Pour l'heure, cette liste et ce mouvement ne sont-ils pas l'apanage d'un public urbain et aisé ? "On ne va pas résoudre 30 ans de rupture progressive entre les classes populaires et la gauche en trois mois. Tout l’enjeu à long terme est de changer soi-même et de repartir au contact des classes populaires. Pas seulement les zones périurbaines, mais aussi les banlieues. C’est notre mission à tous, collectivement” explique Raphaël Glucksmann. 

Enfin, pourquoi ne pas s'allier à la France Insoumise ? "Toutes les offres politiques sont légitimes si elles expriment des idées différentes, un rapport au monde différent, et un rapport à l’Europe. Ce qui me choque, c’est quand des gens qui ont la même vision de l’Europe y vont de façon séparée. Ce n’est pas le cas avec la France Insoumise, j’en ai parlé avec Jean-Luc Mélenchon pendant cinq heures. Il y a une sorte de scepticisme de sa part sur la question de la construction européenne, vis-à-vis de l’idéal européen, qui moi m’empêche de faire un combat commun avec LFI sur les élections européennes".

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Raphael Glucksmann © AFP / JOEL SAGET / AFP
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