Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit pour l'Union européenne, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand à 8h20.

Inquiétude pour l'Europe

Michel Barnier partage l'appel du président Emmanuel Macron en faveur de l'Europe. Selon lui, l'Europe perd de l'influence.

Au rythme de évolution des uns et des autres, dans ce monde là, plus personne ne nous attend

"Si on veut être à la table où s’organise l’ordre et le désordre du monde , il faut être européen tout en étant patriote", estime Michel Barnier. C'est pour cela qu'"agir ensemble est une nécessité. Je ne me suis pas engagé pour un sous-traitant ou sous influence"

Pour Michel Barnier, il y a  besoin de réformer l’Otan", et il faut "agir pour une vraie défense européenne". 

Il signale les avancées sur ce terrain  : 

- le budget européenne va être utilisé pour des objectifs stratégiques pour la 1ere fois depuis 60 ans 

- il va y avoir une direction générale de la défense pour la première fois à Bruxelles

Par ailleurs, il estime que "la Russie, à coté de nous, doit être un partenaire stratégique, à terme, à condition que les règles du jeu soient respectées". 

Le Brexit, "c'est lose -lose"

Pourquoi Michel Barnier n'a-t-il pas été présenté comme commissaire représentant la France, après le rejet de la candidature de Sylvie Goulard  ? Michel Barnier n' a pas répondu sur ce sujet et a estimé que Thierry Breton était un très bon choix.. 

Le Brexit  doit entrée en vigueur le  31 janvier 2020.  Michel Barnier qui est le négociateur en chef de l’Union européenne pour la mise en oeuvre du Brexit,  a estimé que "toutes les options sont possibles" mais que " maintenant il faut qu'on en sorte. Ça fait trois ans que les Britanniques ont voté pour leur sortie de l'Union européenne. Il faut que les Britanniques disent ce qu'ils veulent". 

"Il y aura une certitude le jour où les électeurs britanniques, qui sont appelés à voter le 12 décembre, (...) auront choisi une majorité pour approuver l'accord sur le divorce que le Royaume-Uni lui-même a demandé. Nous ne sommes pas demandeurs de ce divorce, nous n’avons jamais été demandeurs, nous le regrettons", a-t-il ajouté.    

Le feuilleton du Brexit est maintenant soumis aux élections générales anticipées le 12 décembre prochain au Royaume-Uni. Il aurait dû quitter l'Union européenne à la fin mars 2019.  Le Brexit, rappelle-t-il, est un choix "lose- lose" dont personne ne peut expliquer les effets bénéfiques. 

Sur le fond, Michel Barnier explique qu'on n'a pas encore compris au fond, pourquoi les Britanniques ont voté en faveur du Brexit. Il s'agit, selon lui, de ne pas négliger le "sentiment populaire", qui n'est pas un sentiment populiste, que l'Europe "ne protège pas des effets négatifs de la mondialisation". 

Michel Barnier se rend dans chaque pays de l'Union pour évoquer l'application du Brexit. Il y aura un débat dans 27 états membres, et "j’y suis très attentif, c’est pour cela que je vais dans chaque pays, où je rencontre les syndicats, les patronats, et les parlementaires, pour que personne ne soit surpris." 

Désormais, Michel Barnier va s'atteler à négocier, point par point, les modalités d'échanges entre la Royaume-Uni et l'Europe, en veillant à ce que les Britanniques n'en profitent pas pour faire du dumping contre l'économie communautaire. 

Ce sera  zero tarif,  zero quota  mais zero dumping. Nos échanges avec le royaume ça doit être free and fair.

  • Légende du visuel principal: Michel Barnier © AFP / Nicolas Economou
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