Alors que le président de la République a annoncé mercredi un couvre-feu pour Paris, l'Île-de-France et huit agglomérations, Aurélien Rousseau, directeur général de l'Agence régional de santé d'Île-de-France, est l'invité du Grand entretien de France Inter.

"La situation s’est subitement dégradée. Nous avons une progression extrêmement rapide du taux d’incidence, avec en Île-de-France une moyenne de 320 cas Covid-19 pour 100.000 personnes, 450 à Paris et au-delà de 800 chez les 20-30 ans", signale le directeur de l'Agence régionale de Santé francilienne, Aurélien Rousseau, invité jeudi matin de France Inter. Mais ce n'est pas le seul élément alarmant. "Les appels à SOS Médecins, au Samu, aux urgences, tout ça s’est mis à bouger très fortement. Cette réalité là, dix jours après, a un impact sur l’hôpital."

Aurélien Rousseau souligne le délai, de 15 jours à trois semaines, entre la contamination et l'effet observé dans les hôpitaux. "Ce qui va se passer dans 15 jours, on le sait. On sera entre 800 et 1000 patients en réanimation en Île-de-France", où actuellement, plus de 46% des lits de réanimation sont occupés par des patients Covid. Mais "tout l'hôpital est sous pression", avec plus de 1600 malades dans des lits de médecine, mais aussi des malades dans des lits de soins de suite ou de psychiatrie. 

"Ne pas laisser d'angle mort"

À propos du couvre-feu, décidé pour huit grandes métropoles ainsi que Paris et l'Île-de-France, Aurélien Rousseau estime que la graduation des mesures est la bonne solution. "On ne peut pas refaire comme le 17 mars, il faut suivre et s’adapter avec le territoire." Cette mesure va être "évaluée". "Depuis le début, on évalue les mesures. On cite beaucoup la Guyane, où les créneaux ont bougé. On évaluera autant que possible en donnant les éléments de façon transparente aux Français."

"Ce que l'on regarde c’est l’impact de ces mesures graduées sur les courbes. Il faut prendre les décisions au bon moment. Des fois on se dit qu’on aurait pu prendre une décision deux jours avant mais deux jours avant elle aurait été encore moins bien compris. Aujourd’hui notre obsession est de ne pas laisser d’angle mort. On avait un angle mort sur le sphère privée, les moments festifs."

Le couvre feu "va être respecté", estime Aurélien Rousseau car "nos concitoyens sont responsables". "Il y a de la colère, parfois de la défiance mais je crois que notre solidarité collective est au rendez-vous."  

Plus de contaminations en entreprises et dans les écoles ?

"On a beaucoup de clusters dans les écoles ou entreprises", confirme le directeur de l'ARS d'Île-de-France. Ils représentent 60 % des foyers repérés. "Mais ce ne sont que 10 % des contaminations et ces clusters, on arrive à les remonter, à les maîtriser. On identifie mieux dans une entreprise, une école, à l’université. Mais le fait qu’on en identifie peu dans les bars alors même que la proportion de contaminations progresse, est forte chez les jeunes, veut dire qu’on arrive pas à faire passer les messages de prévention." 

  • Légende du visuel principal: Aurélien Rousseau, directeur général de l'Agence régional de santéd'Île-de-France © AFP / Ludovic Marin / POOL / AFP
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