Dans "Roubaix, une lumière", en salles le 21 août, le cinéaste rassemble Roschdy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier et Antoine Reinartz, et filme à nouveau sa ville natale. Mais il s'essaie cette fois au film policier, un genre qu'il n'avait pas encore exploré. Arnaud Desplechin est l'invité du grand entretien du 6/9.

Inspiré d'un fait divers survenu dans le Nord en 2002, "Roubaix, une lumière" a été tourné dans un commissariat. Pour la première fois, le réalisateur Arnaud Desplechin aborde le genre du polar. "J'ai fait des films dont j'aimais penser qu'ils débordaient de fiction, explique-t-il au micro de France Inter. Là j'ai eu envie de faire un film où tout soit basé sur des faits vrais. Ce fait divers que mes parents m'avaient raconté avait fait grand bruit à Roubaix". 

"Ça me tenait à cœur d’embrasser un film plus brutal", confie également le cinéaste. "J’avais déjà fait des mélodrames, mais c'est ma première tragédie". 

Au casting, des acteurs professionnels ("acteurs savants", pour reprendre la terminologie d'Arnaud Desplechin) et des acteurs non professionnels, "naturels"

Ce que je demandais, c’était aux acteurs savants de respecter le texte à la lettre, et aux autres de parler comme ils le feraient dans la vie.

Si Roubaix, sa ville natale, est très présente dans son oeuvre, c'est la première fois qu'elle apparaît dans le titre de l'un de ses films. "J'avais envie de rendre hommage à cette ville paradoxale, compliquée", explique Arnaud Desplechin. "Là, on est avec les gens démunis, un Roubaix que je connais moins bien, que je n’avais jamais filmé".

Pour ce film dans lequel Roschdy Zem incarne un commissaire, Arnaud Desplechin explique avoir travaillé avec la police, pour plus de véracité. "Comme pendant le tournage, tous les flics étaient là, ils nous disaient 'non, on fait pas comme ça' et on s’adaptait en fonction. Deux policiers ont aussi corrigé les dialogues".

Arnaud Desplechin, qui se présente comme "fabriquant de film", considère avoir appris le cinéma non pas à l'école, mais plus tard, en travaillant comme technicien, en lisant, en regardant des films. "Je crois qu’il y a quelque chose de canaille dans le cinéma. C’est un art populaire, un art pour les enfants, un art forain. Il y a quelque chose qui ne s’apprend pas dans les écoles", dit-il.

Roubaix, une lumière, d'Arnaud Desplechin, avec Roschdy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier et Antoine Reinartz, sort en salles le 21 août.

  • Légende du visuel principal: Arnaud Desplechin, sur le tournage de "Roubaix, une lumière" © Shanna Besson
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