La ministre chargée des Affaires européennes Nathalie Loiseau est l'invitée du grand entretien au lendemain du rejet, par les députés britanniques, de l'accord sur le Brexit porté par la Première ministre Theresa May.

La ministre chargée des Affaires étrangères a déploré ce mercredi le vote de rejet de l'accord négocié pendant 17 mois pour sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne par les députés britanniques. Alors que le Brexit doit être entériné au plus tard le 29 mars, ce rejet est une "mauvaise nouvelle" pour toutes les parties prenantes.

Nathalie Loiseau qui ne voit pas comment un autre accord peut être négocié. Il ne reste guère d'option pour une sortie du Brexit avec un accord qui convienne à tous, car un délai supplémentaire, si c'est pour réclamer des concessions supplémentaires de la part de l'Union européenne sera inefficace. 

La ministre a indiqué que les Européens se tiennent prêts, s'il le faut, à un Brexit sans accord, tout en intimant les Britanniques à vite décider de la suite. Sur l'hypothèse d'un second référendum, Nathalie Loiseau estime que ce n'est pas à l'UE de dicter la politique à mener par le Royaume-Uni, tout en rappelant que les Européens laissent grande ouverte la porte d'un retour en arrière et d'une annulation du Brexit : "Pour le moment, la situation au moment où nous parlons, ni Theresa May si vraiment Jeremy Corbyn, le chef des travaillistes, ne se sont prononcés en faveur d’un nouveau référendum. C’est le cas de Farage, c’est le cas de certains travaillistes, c’est le cas de la Première ministre d’Écosse, mais cette hypothèse reste une hypothèse. Ça n’est pas à nous Français, Européens, de dire aux Britanniques ce qu’ils doivent faire. Ce que nous pouvons leur dire, c’est "dépêchez-vous !" parce que le 29 mars c’est demain."

Comment expliquer, après un vote britannique incontestable, que cette sortie de l'Union européenne soit si compliquée ? Pour Nathalie Loiseau, cela vient de deux facteurs. En premier lieu, la ministre estime que nombre de Britanniques se sont rendus comptes, trop tard, de ce que l'Union européenne avantageait dans les relations entre le Royaume-Uni et le reste de l'Europe. 

Par ailleurs, Nathalie Loiseau déplore également la "désinformation massive" qui a lieu pendant les élections, ces dernières années. Tout en admettant l'erreur de l'Europe, en 2005, d'avoir contourné le choix du peuple en utilisant le traité de Lisbonne, Nathalie Loiseau appelle à considérer le contexte de la désinformation sur le résultat démocratique.

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Nathalie Loiseau, ministre chargée des Affaires étrangères, sur France Inter © Radio France
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