Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, est l'invité du Grand entretien de France Inter.

Modération des dividendes

Les entreprises aidées financièrement par l'Etat ne doivent pas verser de dividendes à
leurs actionnaires, a rappelé jeudi le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire : "Vous avez une entreprise qui a besoin du soutien financier de l'Etat, elle réclame un prêt garanti par l'Etat ou un prêt direct de l'Etat. Dans ce cas-là, on dit 'très bien, vous avez besoin d'un prêt parce que vous manquez de trésorerie, on vous accorde ce prêt. Mais la contrepartie (...) c'est que si vous n'avez pas d'argent pour votre entreprise et pour votre trésorerie, vous n'en avez pas non plus pour vos actionnaires. Donc vous ne versez pas de dividendes", a-t-il expliqué.

Soutien aux entreprises : "Nous serons là"

Le ministre de l'Economie et des Finances a également rappelé le soutien de l'état au entreprises éprouvées par la crise, et explique vouloir inverser la tendance des délocalisations, "un scandale économique et une faute politique", selon lui. Il est également revenu sur l'allègement de l'impôt de production ("un impôt stupide") en affirmant que les régions ne paieront pas sa contrepartie et a réaffirmé l'intérêt de soutenir des fleurons économiques comme Air France, sans pour autant évoquer de re-nationalisation.

Sur la prime accordée aux entreprises pour l'emploi des jeunes, le ministre a précisé qu'elle se ferait, dès sa mise en place au mois de juillet, sous forme d'exonération de charges : "Dans une situation aussi difficile, il faut gérer le court terme" explique-t-il, en précisant aussi prendre en compte le "long terme". 

"Totalement engagé dans la transition écologique"

Bruno Le Maire a également affirmé que la transition écologique tenait une grande part dans le plan de relance, promettant des "transformations écologiques importantes".

"Je suis totalement engagé dans la transition écologique, cela doit être l'horizon de notre économie", a-t-il affirmé : "Avoir l'économie la plus décarbonée en Europe" peut être "une fierté nationale (...) Ça va accélérer des recherches, des innovations, des investissements, des implantations d'entreprises qui seront utiles pour notre pays". 

"L'écologie n'est pas négociable, l'accélération de la transition écologique n'est pas négociable"

Le ministre de l'Economie a indiqué par ailleurs qu'il va "regarder avec la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, s'il faut faire un effort supplémentaire sur la transition écologique". "Est-ce qu'il faut faire un peu plus sur les 20 milliards ajoutés ? Est-ce qu'on ne peut pas en rajouter sur tel projet comme la rénovation énergétique des bâtiments ou d'autres projets verts ? J'y suis favorable", a-t-il précisé. Bruno Le Maire a assuré que le gouvernement va "investir massivement sur la rénovation énergétique des bâtiments". "Il faut que si nous mettons plusieurs milliards d'euros sur la rénovation énergétique des Ehpad, des universités, des écoles, peut-être d'autres bâtiments publics, il y ait derrière toute une filière solide, structurée, compétente d'ouvriers et de salariés français qui puissent bénéficier de cette relance", a-t-il ajouté.

Bruno Le Maire s'est dit également "favorable à la conception de l'écologie qu'a défendu le Premier ministre" mercredi, "celle qui concilie écologie et création de nouveaux emplois". Lors de son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale, Jean Castex a annoncé une régulation de la publicité afin de "réduire la surconsommation des produits polluants". Bruno Le Maire a affirmé ne pas avoir changé d'avis : "J'étais réservé sur l'interdiction des publicités hier, j'ai toujours ma conviction, ensuite il y a des arbitrages qui sont rendus dans un gouvernement et je respecte les arbitrages du Premier ministre", a admis le ministre de l'Economie.

Dette et retraites

Concernant le financement de la relance économique française, le ministre dit "assumer l'augmentation de la dette" mais affirme aussi que cette dernière sera bien remboursée, "certainement pas par des impôts mais par la croissance."

Et concernant le dossier de la réforme des retraites, Bruno Le Maire assure également que la France est "l'un des pays européens où l'on travaille le moins longtemps, où le volume global de travail n'est pas suffisant pour renforcer la prospérité des générations qui viennent. Est ce qu'on peut continuer à avoir 30 milliards d'euros de déficit de notre régime de retraite?

"Je reste attaché à l'équilibre financier du système de retraite. J'ai une responsabilité vis-à-vis des générations qui viennent"

  • Légende du visuel principal: Bruno Le Maire © Radio France / Anne Audigier
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