Violaine Carrère, Juriste, chargée d'étude au GISTI (Groupe d'information et de soutien des immigrés) et Virginie Guiraudon, sociologue politique et directrice de recherche au CNRS sont les invitées du grand entretien à 8h20.

Après cinq jours en mer, les 141 migrants sauvés au large des côtes libyennes par l'équipage de l'Aquarius sont arrivés au port maltais de La Valette. La France va accueillir 60 personnes, parmi les migrants de l'Aquarius et 114 autres arrivés lundi à bord d'un bateau de patrouille maltais.  L'Espagne en prendra en charge 60, l'Allemagne, 50, le Portugal, 30, et le Luxembourg, cinq. Les autres resteront à Malte.

Le navire de sauvetage Aquarius a quitté Malte et mis jeudi le cap sur Marseille pour "clarifier rapidement la situation politique et administrative" après l'annonce du retrait à venir de son pavillon par Gibraltar, a annoncé l'association SOS Méditerranée.

Virginie Guiraudon, sociologue politique et directrice de recherche au CNRS :

"Mr Macron se réjouit car les migrants n’ont pas été débarqués en France. Aucune solution pérenne n’est mise en œuvre sur les traversées de la Méditerrannée. On réduit cela à une crise humanitaire. On laisse les associations gérer les choses"

700 chercheurs ont signé un texte pour un GIEC sur les migrations. Il n’y a que 246 millions de migrants dans le monde, les Africains migrent en général en Afrique. 

Il faut sortir de l’alternative du sécuritaire ou humanitaire et réfléchir comment traiter les gens pour qu’ils s’insèrent. 

Virginie Guiraudon : "Nous avons écrit au président de la République. Oui on en a assez, je suis chercheuse, c’est normal qu’on écoute ce que j’écris ; je suis sensée être utile. Cela fait 20 ans, il y a un désarroi des chercheurs. Car on sait qu’on peut avoir une vision réaliste des migrations." 

Là on en est juste à réviser le règlement de Dublin. Ce réglement est finalement délétère et amène à des situations contraires de ce à quoi il devait aboutir. 

Virginie Guiraudon : "Il faudrait des critères d’asile harmonisés entre pays. Là on révise juste Dublin, et bientôt un nouveau parlement et une nouvelle commission.  On a les outils mais on n’a pas la politique d’immigration et d’asile , c’est une politique de contrôle de frontière et de déplacement jusqu’au Niger même ; il faut changer le paradigme. en faveur d'une politique d’immigration". 

En 2015 l’année où il y a eu le plus d’arrivées.

Cela faisait plus de 20 ans qu’on comptait les morts en mer, y compris Frontex

Les gens veulent avoir l’impression qu’on maîtrise les flux. Or les politiques en viennent au zéro immigration.  

Pourquoi les états ne s’organisent pas pour améliorer les choses dans les pays d’origine des migrants ?  

Virginie Guiraudon : "Les immigrés sont ils utiles ? il y a des secteurs entiers en France où il y a des immigrés qui travaillent. Si on donne de l’argent aux pays d’origine, il n’y aura pas moins de migrants ; ce ne sont pas les plus pauvres qui migrent". 

Il faut se dire que de toutes façons il y aura des arrivants et qu’il faut qu'ils puissent rapidement avoir des papiers et des possibilités d’intégration. 

Violaine Carrère, Juriste, chargée d'étude au GISTI (Groupe d'information et de soutien des immigrés)

"La libre circulation des étrangers dans l’union, ça a existé. Avant les gens arrivaient en avion. Les états d’Europe se sont entendus pour que les contrôles se fassent très en amont et avec des sanctions contre les transporteurs ; on a transformé les compagnies d’avions en garde-frontières".

Violaine Carrère : "Les associations et la société civile ne sont pas entendues car il est convenu que la politique migratoire se traite à un autre niveau ; c’est devenu un argument de souveraineté. 450 organisations avaient interpellé Emmanuel Macron pour des états généraux de l’immigration. Il n'a pas répondu, nous les avons tenus nous-mêmes. Il y a eu 106 assemblées locales, on constate que les effets des politiques sont lus de manière claire par tout le monde". 

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