Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, est l'invitée du Grand entretien de la matinale. Elle réagit à l'immense détresse exprimée depuis quelques jours par le monde de la culture, qui n'a pas pu rouvrir comme prévu à la date du 15 décembre.

"C’est une situation tragique", reconnaît la ministre de la Culture. "Nous avions espéré, artistes comme gouvernement, que cette échéance du 15 décembre pourrait être tenue. Nous avons bâti un plan qui était une ouverture progressive d’un certain nombre de lieux, si nous atteignions ce palier de 5.000 contaminations par jour. Mais là, les chiffres ont dérapé pour ne pas baisser en-deçà de 12.000, nous avons même passé un palier de 15.000."

"Ça a été un crève-cœur épouvantable de prendre cette décision. Je comprends tout à fait le monde de la culture : depuis jeudi dernier, je suis avec eux pour bâtir les réponses. Je veux que les artistes sachent qu’on est entièrement à leurs côtés, qu’on les comprend, que cette souffrance on la partage."

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"C’est difficile de trouver les mots devant tant de souffrance", explique-t-elle. "C’est pas l’argent qui compte, mais ça permet de maintenir des gens à flots, d’organiser les structures qui vont rouvrir quand on va sortir de cette crise. Mais ma parole n’a pas assez de force vis-à-vis de la souffrance."

"C'est le Conseil d'État qui a jugé que la liberté de culte était un droit constitutionnel"

Toutefois, elle maintient qu'il était nécessaire de ne pas rouvrir trop vite les lieux culturels. "Devant cette crise sanitaire, on ne comprendrait pas que nous ne prenions pas un certain nombre de décisions. On était sur un fil de décisions : la réouverture des commerces, puis des lieux de culture, des lieux de cultes. Mais cette flambée des cas a surgi. Les commerces étaient ouverts, mais nous avons durci les règles d’ouverture. Nous avons retardé la réouverture des lieux de culture."

"Quant aux lieux de culte, c’est pas nous qui avons décidé de rouvrir : c’est le Conseil d’État qui a jugé que la liberté de culte était un droit constitutionnel, empêchant ainsi les mesures sanitaires."

"Dans une période extrêmement difficile, il faut éviter les mouvements de population", rappelle Roselyne Bachelot, interrogée sur le grand respect des protocoles sanitaires par les théâtres et cinémas. "C’est la raison pour laquelle on met un couvre-feu. Mais il ne s’agit pas de culpabiliser les gens de la culture ! Ils ont observé les règles des protocoles sanitaires, nous ne les accusons pas. Nous expliquons simplement que les lieux de culture, c’est 40.000 personnes dans les rues de Paris. On tente de juguler le plus possible ces déplacements."

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"Nous avons voulu aussi réduire au maximum ce brassage de populations dans les lieux commerciaux."

"Cette mesure n’est pas une mesure isolée prise par quelques technocrates dans leurs bureaux. Cette exigence est partagée par la presque totalité des pays européens. Nous sommes l’un des pays les plus touchés, et les pays touchés ferment les lieux de culture !"

"Un secteur qui semble protégé aujourd’hui peut devenir un secteur à risque très vite"

Peut-on faire du sur-mesure en France ? "On y travaille. On étudie les solutions, on a rouvert par exemple les conservatoires et les écoles artistiques. Mais je dis : attention sur les mesures géographiques. Un secteur qui semble protégé aujourd’hui peut devenir un secteur à risque très vite. Ce qu’il faut éviter, c’est de faire des mesures ciblées puis de se rendre compte qu’il y une augmentation massive des cas. Imaginez qu’on rouvre des lieux de culture en Bretagne pour les refermer dans 15 jours ! C’est ça qui serait le plus terrible pour les artistes."

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Si le Conseil d’État (saisi en référé-liberté) devait rouvrir les salles, ce serait un mauvais signal, selon la ministre. “Elles seraient de toute façon soumises au couvre-feu. Il y aura un tombé de rideau ou une fermeture des cinémas à 19h, ce qui ne sera pas forcément une bonne affaire pour le monde de la culture.”

"Le cinéma a perdu 1 milliard dans la crise. Moi j’ai fait le bilan, nous avons apporté 1,1 milliard d’aides au monde du cinéma et de l’audiovisuel", détaille Roselyne Bachelot. "Il y a aussi 535 millions d'euros de prêt garanti par l'État, 400 millions d’euros de mesures fiscales. On a été à leurs côtés pour surmonter cette crise !"

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Sur le terme de “non-essentiels” qui a beaucoup choqué le monde de la culture, "c’est une définition administrative", se défend la ministre. "Ça ne reflète évidemment pas ce qu’on pense. Évidemment que la culture est essentielle, elle est au cœur du projet politique français et ça dépasse même les clivages politiques. Y a pas un pays qui fait autant pour les artistes ! On les aime ! Je ne porte pas de jugement, on traverse tous une crise épouvantable."

Netflix va devoir payer "entre 150 et 200 millions" par an pour la création française

"Les plateformes vont être obligées de participer à la création cinématographique et audiovisuelle française", annonce également la ministre, au niveau de "20 à 25 % du chiffre d'affaires, selon leur entrée dans la chronologie des médias". "Netflix va payer entre 150 et 200 millions d'euros tous les ans. Pour l'instant, c'est zéro. La négociation est ouverte."

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  • Légende du visuel principal: Roselyne Bachelot © AFP / JOEL SAGET
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