Olivier Faure, premier secrétaire du PS, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Alexandra Bensaid à 8h20. Il revient sur le départ de Benjamin Griveaux et l’arrivée d’Agnès Buzyn aux municipales à Paris, sur la réforme des retraites et sur l’union des gauches qu‘il appelle de ses vœux.

Sur la diffusion de vidéos qui ont coûté sa place de candidat à Benjamin Griveaux, Olivier Faure dit deux choses : “Il faut condamner fermement cette diffusion. Ce n’est pas simplement le problème d’un homme politique, c’est valable pour toutes les Françaises et les Français, parce que malheureusement le ‘revenge porn’ est la cause d’immenses malheurs pour ses victimes. La deuxième chose, c’est qu’il faut revenir sur l’origine : _un ministre qui considère qu’il peut se livrer à ce type d’envois, c‘est la preuve d’une légèreté incroyable_.”

Pour le patron du PS, quand vous êtes un décideur public, un ministre, vous devez prendre toutes les précautions d’usage, pour ne jamais être à portée des maîtres chanteurs. Imaginez une vidéo qui ne serait pas diffusée, et un maître chanteur qui en permanence revient vous voir pour vous faire prendre des décisions sous menace de la diffuser. Il ne faut jamais se rendre vulnérable.” Olivier Faure qui précise toutefois qu’il ne souhaiterait pas une telle mésaventure “à son pire ennemi”. Et soutient que pour lui, renoncer envoie un mauvais message : “Si on dit qu’on ne doit pas se laisser déstabiliser, on ne cède pas”.

Agnès Buzyn, une candidate qui laisse Olivier Faure circonspect

Pour le Premier secrétaire du PS, ce choix rapide d’une nouvelle candidate issue du gouvernement est une “surprise”. La semaine dernière, elle expliquait sur notre antenne “qu’elle n’en avait pas le temps”. “Deux jours plus tard, toutes affaires cessantes, _elle abandonne le coronavirus, la crise à l'hôpital, les retraites, et elle considère que désormais, sa vie c’est Paris. Paris vaut bien une crise_.” 

Il assure que “ça dit quelque chose aussi de la légèreté avec laquelle ce gouvernement considère la vie politique”. “C’est incroyable de penser que c’est uniquement un casting. Moi j’ai l’impression, avec LREM, qu’on est en permanence dans The Voice : on a passé un week-end de casting pour trouver celui ou celle qui va faire diversion.”

La réforme des retraites, un projet “injuste”

Comme d’autres formations politiques, les socialistes ont déposé de nombreux amendements pour le débat sur ce texte particulièrement sensible : un millier, selon Olivier Faure. Mais pas pour faire de l’obstruction parlementaire, promet-il : “Moi je veux le débat au fond, qu’on puisse aller au bout de la discussion. Ce projet est un projet improvisé, qui ne permet pas d’assurer avec sérénité notre système de retraites, et qui est injuste. Je souhaite que le débat parlementaire permette aux Français de comprendre, article après article, ce qui se cache derrière.“

Olivier Faure qui s’inquiète aussi d’un possible usage du 49.3 : “Je suis contre le 49.3, je l’ai été dans le précédent quinquennat. Il tue le travail parlementaire. _C’est une réforme systémique, on change de système, ça suppose d’y passer un peu de temps, non ?_

  • Légende du visuel principal: Olivier Faure © AFP / Thomas Samson
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  • Olivier FaureDéputé de Seine-et-Marne, Premier secrétaire du Parti socialiste
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