Yannick Jadot, eurodéputé écologiste, est l'invité du grand entretien d'Ali Baddou à 8h20.

L'avenir de la planète : "il n'y a pas de fatalité"

Yannick Jadot ne veut pas se résigner et acter l'idée d'une fin de monde, "Nous sommes à 1 degré de réchauffement par rapport au début de l’ère industrielle. Et on voit les catastrophes, on est effaré tous les jours, par les feux, les inondations. Il y a 7 millions de déplacés climatiques. La catastrophe potentielle est là. Le sujet c’est d’être au combat et au front et l’extraordinaire bonne nouvelle c’est qu’on peut gagner".

"L’extraordinaire bonne nouvelle c’est qu’on peut gagner."

L'eurodéputé rappelle le choix Australien de faire du charbon "l’alpha et l’oméga de sa politique énergétique", ce qui est selon lui, "une absolue catastrophe", et il ajoute que des entreprises européennes continuent d’investir sur le charbon en Australie. 

Pour autant, il considère qu'" il n’y a pas de fatalité. Nous ne sommes pas condamnés à aller vers 2, 3, 4 ou 5 degrés. Je ne veux pas d’un discours politique qui nous paralyse. Je sais toute la puissance de la réflexion autour de la collapsologie. Je vois beaucoup de jeunes qui disent je ne veux pas faire d’enfant. On est dans une telle crise qu’on se raconte la fin de l’humanité. La lutte contre le réchauffement est une occasion de s’offrir un avenir bienveillant."

"On a tous dans nos familles une Greta Thunberg qui nous rappelle nos responsabilités."

Pour lui, le cœur du combat c’est de convaincre une majorité d’Européens qu’un autre modèle est possible.

Yannick Jadot pointe les manquements, reculs, inactions du gouvernement en matière d'environnement, sur les pesticides ou le glyphosate notamment, dont la consommation ont augmenté. 

Les Français doivent-ils en faire plus ? Yannick Jadot rappelle qu'il n'a jamais prôné la "douche froide une fois par semaine dans le noir". Les Français sont prêts, le gouvernement doit passer à l'action. 

L'interdiction du glyphosate ? "On a fait plus 25% l’an dernier. On n’est pas à deux doigts d’en sortir, on continue à augmenter." 

"Quand vous promouvez en permanence un modèle agricole qui industrialise, concentre, que vous refuser de légiférer , vous organisez."

Le cas Ségolène Royal

Après l'annonce de l'éviction de Ségolène Royal comme ambassadrice des pôles, Yannick Jadot dit "Ségolène Royal a une cohérence que parfois elle est la seule à comprendre". Il considère que la question des pôles comportent des enjeux géopolitiques et de climat. 

"Si les glaciers fondent c’est des mètres d’élévation du niveau de la mer. Je n’ai pas vu la France ni Ségolène Royal, ni le gouvernement, faire de l'arctique un sujet international, européen. Quand les écosystèmes seront massacrés en Arctique nous en subirons des conséquence extraordinaires. Je trouve que la façon dont cette fonction et ce combat sont détournés par son ambassadrice et le pouvoir en place, je trouve cela scandaleux." 

Municipales et présidentielle, quelle stratégie ?

Yannick Jadot se réjouit que l'écologie soit au cœur du débat des municipales. 

"À l’échelle des municipales, nous sommes en train de créer une nouvelle espérance : la capacité de maîtriser sa vie et sa ville."

Quelles alliances pour les Verts dans les prochaines semaines, au premier ou au second tour ? 

"On ne peut pas en même temps regarder l’Australie et être abasourdi, avoir des inondations, et se dire finalement ce qui est opérant c’est le schéma politique du XXe", répond Yannick Jadot.

Il signale que le 31 janvier il sera en meeting à Perpignan, face au meeting de Louis Aliot, candidat RN. 

"Le grand combat c’est le vote de haine, le vote de repli, ou le vote de solutions et de cœur. Je ne veux pas le vote de résignation incarné par les républicains et En marche qui gouverne ce pays."

Pour l'échéance présidentielle il refuse de se déclarer candidat comme l'a fait Marine Le Pen, et comme on le pressent pour Ségolène Royal. 

"Elles font ce qu’elles veulent, moi mon sujet, c’est qu’il y ait beaucoup d’élus écologistes aux municipales."

"Les écologistes respectent les électeurs et les échéances. Là l’échéance est essentielle, c’est la vie locale et quotidienne. Donc nous devons faire de cette l’élection municipale une élection municipale". 

"Je l’ai toujours dit je veux contribuer à ce qu’il y ait une alternance d’espoir."

  • Légende du visuel principal: Yannick Jadot © AFP / Yann Lévy
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