Adrien Quatennens, député LFI du Nord, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

Adrien Quatennens réagit aux violences qui succèdent depuis plusieurs nuits dans une banlieue de Dijon, entre habitants et bandes d'origine tchétchènes : "sur les nuits tchétchènes à Dijon : "Évidemment je suis inquiet et je ne trouve pas ça normal, les personnes étaient pour beaucoup des personnes en demande d'asile (...) s'il est avéré qu'il y a parmi ces gens des réfugiés ou des demandeurs d'asile, ils doivent être expulsés". Sur la question de la présence des armes en France : "Des milliers d'armes circulent en France, il y a beaucoup à faire".

Code de déontologie pour la police

"Nous avons a faire à des bandes armées et devons traiter les choses avec raison (...) Ce qu'il se passe à Dijon signe l'échec de la police, de nos services de renseignements, on manque cruellement de moyens humains. "

Alors que Jean-Luc Mélenchon réclamait la veille "une police aussi désarmée que possible" :  "Quand [il] le dit, c'est que selon ses taches, par exemple un gardien de la paix n'a pas besoin d'être lourdement armé".

"Je ne mets pas dans le même sac tous les policiers de ce pays", précise le député du Nord, "quand vous avez des déviances, vous avez certains policiers qui n'ont rien à faire dans les rangs de la police républicaine (...) Il faudrait un code de déontologie, réouvrir des écoles de police qui ont fermé". 

Reconquête républicaine

"Quand on parle de reconquête républicaine, faut savoir de quoi on parle : la République c'est une devise qui n'a pas corps dans tous le pays, ça passe par avoir des services publics dignes de ce nom".

Et il précise : "Je ne suis pas sûr qu'on ait besoin de statistiques ethniques pour comprendre ce qui se passe en France sur les discriminations."

Que retenir, alors de la manifestation contre les violences policières qui s'est déroulé le samedi précédent place de la République à Paris ? "Des jeunes qui chantent la Marseillaise, voilà ce qui doit se retenir, [comme] le sang-froid du comité pour Adama."

"Comme dans la manifestation des soignants d'hier, on a eu quelques dizaines d'individus qui ont dévoyé la manif et qui font qu'on ne parle plus au journal de 20h (du message) des soignants qui étaient là", déplore le député.

"Il faut donner corps à la République, ce n'est pas juste des mots pour les frontons des mairies"

"Nous avons toujours été opposés à l'utilisation de la violence en politique. Ce qu'on retient le soir au journal, ce sont les personnes qui ont participé a des affrontements avec les forces de l'ordre, donc oui la manif a été dévoyée".

Sur l'appel présidentiel à la productivité

Sur le projet économique présenté par Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution: "Il est très fort et planifie très bien sa communication (...) Il a dit peu de choses". 

"Le coeur, c'est quand il dit : il va falloir travailler et produire davantage. À la fin il nous mets du vernis, de l'écologie et de la solidarité"

Travailler plus, "ce n'est pas la solution, on pourrait aller vers l'état qui soutienne les entreprises en difficulté. Cette crise n'est pas seulement une crise sanitaire. Nous combattons les effets d'un virus sur un modèle économique qui nous a mis en situation de vulnérabilité."

Bifurquer sur un autre modèle économique

"Si après la crise doit être comme avant la crise, c'est que nous n'avons rien compris." 

Adrien Quattennens estime que la mise à l'arrêt de notre économie doit être l'occasion "d'opérer de grandes bifurcations" pour "un modèle où l'on travaille mieux".

"On a l'impression de revoir le discours de Sarkozy après la crise 2008, mais aucune leçon n'en a été tirée"

Sur le "bon timing du déconfinement" : "Le timing préféré de LFI", explique son député du Nord, "c'était plutôt celui du conseil scientifique."

  • Légende du visuel principal: Adrien Quatennens © AFP / Joel Saget
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