Adrien Taquet, secrétaire d'État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, est l'invité du grand entretien à 8h20. Il estime que le point de vue sur l'adoption a changé en France : il ne faut plus "offrir un enfant à une famille" mais offrir "une famille à un enfant", dit-il.

"Pendant longtemps, l'adoption dans notre pays, c'était d'offrir un enfant à une famille. Ce qu'on veut aujourd'hui, c'est changer de point de vue et offrir une famille à un enfant" assume Adrien Taquet, secrétaire d'État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé et invité de France Inter jeudi matin. "Il y a un certain nombre d'enfants pour qui nous avons du mal, dit-il, à faire de l'adoption un horizon possible alors que ça pourrait constituer une réponse, une stabilité affective dans leur parcours de vie". 

En France, 341 000 enfants sont protégés par l’aide sociale à l’enfance en France. Une moitié sont placés dans des foyers ou dans des familles d'accueil explique le secrétaire d'État. 

"On a tous intérêt sur ce sujet, à la transparence, à la rigueur, à mettre plus de contrôles"

Adrien Taquet explique avoir lancé une mission parlementaire sur l'adoption : "Je l’ai confiée à deux parlementaires. La députée Monique Limon (LREM), ancienne travailleuse sociale, et la sénatrice Corinne Imbert (LR) ancienne vice-présidente du département". Les deux élues se pencheront notamment sur les questions de discrimination : "Il y a quinze jours, un rapport de l'inspection générale des Affaires sociales a été remis. Certains passages sont rudes, mais on a tous intérêt sur ce sujet, à la transparence, à la rigueur, à mettre plus de contrôles. On se bat tous pour ces enfants" confirmant qu'il y a encore aujourd'hui des pratiques "discriminatoires" à l'égard des personnes célibataires et des couples homoparentaux en demande d'adoption ; "ce n'est pas admissible" admet le secrétaire d'État. 

Concernant les enfants changés de famille d'accueil, s'ils ont le statut de pupille de l'État, Adrien Taquet voit en l'adoption par ces familles "un horizon de stabilité possible". "Certains enfants, alors que la relation avec les parents biologiques n'était plus possible, se sont retrouvés à ne pas pouvoir être adoptés et à devoir changer de famille", explique-t-il. 

Le secrétaire d'État insiste également sur la question de la décentralisation des procédures, confiées aujourd'hui aux départements. "Aujourd'hui, un enfant peut être adoptable dans un département mais sans famille correspondant à son profil alors qu'il y a une famille disponible dans un département voisin : aujourd'hui, il n'est pas possible de le faire adopter parce que c'est d'un département à l'autre. Voilà le genre de barrières qu'il faut lever, il n'est pas possible que notre organisation administrative porte préjudice au bien-être de nos enfants" poursuit-il.

  • Légende du visuel principal: Adrien Taquet © AFP
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