L'ancien Président de la République, François Hollande, est l'invité du Grand Entretien de la matinale. Il répond aux questions de Nicolas Demorand, Léa Salamé ainsi que des auditeurs de France Inter.

L'échec de la COP 25

François Hollande a trouvé désolante "la mollesse, le désengagement de grands pays par rapport à cette cause climatique": "Ce qui est grave c’est ce fossé démocratique en train de se produire, y compris entre les générations."

"Il va falloir de nouveau que l'Europe fasse un effort significatif" poursuit l'ex-président socialiste, qui estime qu'il fallait "rapidement avoir une explication sévère" à l’égard du départ de Donald Trump de ce sommet et de l’Accord sur le Climat : "À la fin, il y a eu un manquement de présence politique".

Une "mauvaise préparation" de la réforme des retraites

François Hollande trouve le climat "inquiétant, c’est une épreuve pour les usagers, pour l’économie, pour la France", et y voit un manquement, un défaut de dialogue social", relevant ainsi plusieurs erreurs de méthode: deux ans de consultations sans information a suscité crainte et contestation, sans qu’il y ait de projet présenté".

"Mauvaise préparation, mauvaise organisation, mauvaise concertation".

"Nous avons un problème de confiance, il fallait qu’il n’y ait pas de doutes, dans une société très tourmentée, il est difficile de trouver un accord (...) Quand il n’y a pas de justice, les Français ne peuvent pas consentir."

Quant à savoir si lui, encore au pouvoir, aurait fait cette réforme ? "Je ne l’ai pas fait, mon premier devoir c’était de rééquilibrer les comptes sociaux (...) C’est une réforme qui ne peut être bonne que si elle donne des garanties à chacun (...) Il fallait que toutes les garanties soient présentées devant les organisations syndicales".

"La question de la garantie du point est essentielle"

La réforme des retraites est-elle une réforme de droite ? "Je ne pense pas que la droite soit pour le régime universel, mais pour l’augmentation de l’âge de départ à la retraite (...) C’est sous mon quinquennat que ce ceux qui avaient des carrières longues pouvaient partir à 60 ans, qu’a été introduite la notion de pénibilité ", affirme François Hollande qui plaide pour une accélération de l'allongement de la cotisation.

Réanimer la gauche socialiste

"La gauche doit faire des propositions pour cette période" affirme l'ex-chef de file socialiste : "Quelle est l’alternative ? Regardez bien du côté de l’extrême-droite. La menace, elle est là". 

"Là il va falloir qu’il se passe quelque chose, pas seulement une incarnation physique, une mobilisation citoyenne, j’y contribuerai si nécessaire, sinon, le risque, c’est une alternative d’extrême-droite." 

"En 2022 il va y avoir une élection présidentielle et des élections législatives, il faudra une figure, il va falloir qu'il se passe quelque chose, pas seulement une incarnation physique, mais aussi une mobilisation citoyenne, un parti, un mouvement, il faut une force qui surgisse à partir de ce qui existe déjà et qui puisse faire entendre la voix de l'espérance" a indiqué François Hollande au sujet de l'avenir de la gauche.     

"J'y contribuerais si c'est nécessaire, je ne vais pas moi-même m'imposer, je ne vais pas moi-même considérer que je suis une solution quand certains pensent que j'ai été un problème, je veux être un contributeur – parmi d'autres – parce que c'est nécessaire, sinon le risque c'est quand même une alternative d'extrême droite."

De nombreux auditeurs lui attribuent directement la responsabilité de l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, et du délitement de la gauche : 

"La gauche doit faire des propositions pour cette période"

  • Légende du visuel principal: François Hollande © Benoît Granier
Les invités
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.