La maire LR du 7ème arrondissement, candidate à la mairie de Paris, publie “La confiscation du pouvoir” aux éditions Plon.

Son regard sur l’anniversaire des “gilets jaunes” samedi 16 novembre dernier

"Cela fait plus d’un an que nous assistons à ces manifestations de plus en plus récurrentes et de plus en plus violentes. Moi, je n’excuserai jamais la violence, je la condamne totalement. Mais, tout en déplorant cette violence, ça n’a pas en tous les cas arrêté les revendications d’une grande frange de nos concitoyens qui vivent dans la difficulté, dans la misère." Même si le mouvement a régressé, passant de 280 000 manifestants en novembre 2017 à 28 000 samedi dernier.

"On s’est pris en pleine figure tous ces Français, sur les ronds-points, dans les rues, qui manifestaient simplement pour pouvoir vivre décemment."

"Avant, quand on parlait de pauvreté, on considérait que c’était quelqu’un qui n’avait pas d’appartement, pas d’emploi. Aujourd’hui, ce sont des gens qui travaillent, durement, qui ont une famille, et malgré tout qui ne s’en sortent pas. Malgré tout ce qui a pu être mis sur la table, ça n’a pas réglé leurs perspectives ni leur pouvoir d’achat.

Sur la condition des femmes au sein de la droite

Rachida Dati évoque un épisode qu'elle raconte dans son livre : "Je me souviens d’un entretien que j’avais, autour de Nicolas Sarkozy, et certains déniaient les qualités professionnelles de Valérie Pécresse ou de Nathalie Kosciusko-Morizet. Et j’ai pris à témoin Jean-Pierre Raffarin, je lui ai dit : “monsieur le Président, si vos ministres hommes étaient si compétents que vos ministres femmes, vous seriez très heureux”. Et j’ai dit à Jean-Pierre Raffarin, “tu ne peux pas laisser dire ça”. Et il en a convenu. Mais tout est toujours compliqué." 

"C’est vrai qu’aujourd’hui, la droite revient à ses vieux travers, de repli, un peu réactionnaire."

Sur l’entre-soi de la vie politique actuelle 

"_Un parcours comme le mien ne pourrait plus émerge_r aujourd’hui", affirme la candidate à la mairie de Paris. "Nicolas Sarkozy, en me nommant porte-parole, a donné un signal fort à la France. Je me souviens d’un déplacement avec Christian Estrosi dans les quartiers de Nice, et avec des jeunes femmes qui disaient “pour une fois, je suis fière de m’appeler Rachida”.

"Aujourd’hui, on a régressé. Regardez les nominations : ce sont des cooptations, pas des nominations."

Le Parlement a été renouvelé, certes, “mais regardez l’analyse sociologique : ce sont des CSP+ ! Est-ce qu’il y a des ouvriers, des agriculteurs au sein de l’Assemblée ? Ce renouvellement ne s’est pas fondé sur la condition sociale.

"Benjamin Griveaux par exemple était socialiste, conseiller municipal dans une ville de province, conseiller de Marisol Touraine. Donc ce n’est pas du renouvellement, c’est du recyclage."

Sur la course à la mairie de Paris 

Qu’est-ce qui ferait revenir les Français vers la droite ? “Moi, j’ai toujours fait de la politique avec une colonne vertébrale et des convictions. On ne pourra jamais dire que je ne suis pas authentique dans mes engagements. Je n’ai jamais trahi politiquement, j’ai un combat et des valeurs claires. Et je pense que les Parisiens apprécient cela. Moi, je crois à la proximité, à l’accessibilité et au terrain.”

Au standart avec un auditeur : “Vous défendez les “gilets jaunes”, mais vous avez défendu les riches sous Sarkozy” 

"J’entends cette interpellation. Je n’ai jamais trahi ma condition, et la condition ouvrière a toujours été un marqueur chez moi. [...] Sur le bouclier fiscal, nous avons maintenu l’impôt sur le revenu, mais en disant : s’il y a des mesures en faveur des plus aisés, il faut qu’ils investissent dans l’économie française. En même temps, les heures supplémentaires défiscalisées : tous les Français lui en étaient gré."

Sur l’enquête du Parquet national financier, qui porte sur des contrats de conseil que Rachida Dati aurait conclus avec Renault-Nissan  

Rachida Dati est visée par une enquête préliminaire, révélée en juin 2019 par Marianne, la soupçonnant elle et Alain Bauer (spécialiste des questions de sécurité) d'avoir perçu des fonds potentiellement suspects, sous la présidence de Carlos Ghosn. "Cette enquête ne perturbera pas ma campagne puisque je suis déterminée. Ce n’est pas une enquête d’initiative du PNF ni de Renault", précise Rachida Dati, "mais une enquête issue d’une plainte d’un avocat d’Occident, qui a pris comme cliente sa femme, en ayant acheté des actions chez Renault, et qui a déposé plainte le jour où j’ai annoncé ma candidature à la mairie de Paris."

"Je connais la magistrature, je regrette qu’on puisse instrumentaliser la justice à chaque échéance électorale. Et je découvrirai qui est derrière cette manoeuvre et a poussé cet avocat à déposer de manière très opportune cette plainte."

  • Légende du visuel principal: Rachida Dati, eurodéputée et maire du VIIème arrondissement de Paris © Radio France / capture d'écran
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