Frédérique Vidal, Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, est l'invitée du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a annoncé ce mercredi l'ouverture de la plateforme Parcoursup dès jeudi 20 décembre pour l'orientation des futurs bacheliers. Une ouverture anticipée qui tire les conclusions d'une première année de fonctionnement très décriée et qui vise à tranquilliser les lycéens déjà angoissés l'année du baccalauréat.

Comme France Inter l'annonçait mardi soir, le ministère s'engage à donner une réponse à tous les étudiants le 19 juillet 2019 pour éviter la situation de stress qu'ont connu nombre d'étudiants qui, en août, n'avaient toujours pas de réponse définitive quant à leur affectation.

Un principe de précaution excessif, admet Frédérique Vidal, car en réalité, la grande majorité des étudiants avaient déjà leur affectation définitive en juillet mais, pour accompagner les quelques autres (25 000 étudiants) qui n'avaient pas vu leurs vœux d'orientation validés, la plateforme avait été maintenue en août.

Pour la ministre, Parcoursup est un outil d'autant plus utile qu'il a permis de mettre en évidence certaines problématiques, comme le manque de moyens pour nombre d'étudiants qui ont renoncé à une formation, faute de mobilité. Pour y remédier, le gouvernement a débloqué, rappelle Frédérique Vidal, 30 millions d'euros du plan finance pour la mobilité des jeunes. Une mobilité qui concerne aussi les étudiants qui vivent en banlieue, qui déplorent souvent une discrimination et se voient refuser l'accès à des formations dans Paris intra-muros pour des raisons géographiques. Une accusation que la ministre rejette, chiffres à l'appui : plus de 60 % des jeunes de banlieue ont eu une proposition, au moins, dans Paris.

Également interrogée sur la réforme de l'accompagnement des étudiants en première année à l'université, Frédérique Vidal affirme que les étudiants doivent faire leurs choix d'orientation en fonction de leurs goûts et non de la filière qu'ils ont choisi jusqu'alors. C'est aux universités, qui en ont la capacité, affirme la ministre, d'assurer l'accueil de tous les publics, en fournissant les accompagnements pédagogiques nécessaires pour remettre à niveau tous les étudiants qui en ont besoin sur les pré-requis jugés indispensables.

Frédérique Vidal a suscité récemment la colère des chercheurs du CNRS après une décision du ministère de favoriser l'accueil de 300 doctorants plutôt que la titularisation de 500 enseignants-chercheurs. Une décision "criminelle" pour Magalie, chercheuse qui a joint la ministre par le standard de France Inter, mais un choix totalement raisonné pour Frédérique Vidal qui déplore la fuite des cerveaux, face au fort turn-over dans la recherche, faute de carrières attrayantes dans le public.

  • Légende du visuel principal: Frédérique Vidal © AFP / Charly Triballeau
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  • Frédérique VidalMinistre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation
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