François-Xavier Bellamy, député européen Les Républicains, répond aux questions d'Amélie Perrier, deux mois après la fin de la campagne des élections européennes dont il était tête de liste pour son parti.

Deux mois après la défaite du parti Les Républicains aux élections européennes, François-Xavier Bellamy, qui en était la tête de liste et siège aujourd'hui à Strasbourg, prend à nouveau la parole : "Il fallait prendre du recul après cette campagne", déclare-t-il, ajoutant que "dans le début d'un mandat il est important de se concentrer sur le travail qu'il y a à faire". Reconnaissant que le résultat de la droite est "un échec", il note que c'est aussi "une obligation" de se reconstruire. 

A plusieurs reprises durant l'interview, François-Xavier Bellamy a affirmé qu'il était satisfait de la campagne menée malgré le résultat décevant. Ainsi, il rappelle qu'une réunion publique a réuni de nombreuses figures de la droite à dix jours du scrutin, et que la campagne "a été un moment d'unité, un moment qui a soulevé beaucoup d'espoirs chez ceux qui ont participé". 

"On ne peut pas réécrire l'histoire, j'ai été très honoré de la confiance qui m'a été témoignée"

"Quand vous vous engagez dans une telle élection, si vous faites un bon score on vous félicite, si vous faites un mauvais score, il faut en assumer les reponsabilités, je l'assume pleinement : on aurait certainement pu faire mieux" : mais il assure que "cette campagne, on peut la regarder sans rougir parce qu'on a vraiment pris les Français au sérieux", dit-il, affirmant que les promesses du RN et de LREM n'ont pas été tenues, selon lui. 

Réagissant à la réforme des retraites pour laquelle des recommandations ont été faites jeudi, il affirme que "c'est un bon pas" même s'il dit regretter "qu'on aille pas jusqu'au bout, en disant la vérité aux Français, il y a une forme de supercherie dans le fait de maintenir un âge et de définir un âge pivot, qui prive l'âge légal de sa consistance réelle". "Si le gouvernement a le courage de porter cette réforme, ça ira dans le bon sens", reconnait-il. 

Interrogé sur l'affaire François de Rugy, François-Xavier Bellamy affirme que l'ancien ministre paie aujourd’hui "le contraste" entre "un discours très moralisateur" et "sa pratique politique". Mais il se dit aussi mal à l'aise "devant la violence de cette chasse à l'homme (...) Il faut qu'on arrive à retrouver plus de sobriété dans notre vie publique mais aussi plus de tempérance dans nos désaccords politiques". 

Attaqué sur le fait d'avoir cité l'écrivain Charles Péguy dans sa première intervention au Parlement européen, il se dit inquiet de l'idée de "réduire Péguy et son oeuvre immense à une dérive nationaliste et réactionnaire", explique-t-il. "Voilà ce à quoi nous conduit cette logique d'étiquettes permanentes : ce soupçon perpétuel de radicalisation est intolérable".

Enfin, interrogé sur l'un des grands dossiers de la rentrée de septembre, il affirme espérer "que la droite va savoir parler de ces questions d'une manière qui soit lucide et claire". Selon lui, la question est éminemment politique : "On doit pouvoir dire que ce qui est devant nous, c'est la grande question de savoir quelle est la place de la technique dans nos vies (...) Faut-il demander à la médecine de sortir de la logique de réparer les corps quand ils sont malades pour venir satisfaire nos désirs lorsque nos corps ne sont pas malades". 

  • Légende du visuel principal: François-Xavier Bellamy © JACQUES DEMARTHON / AFP
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