Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

Bruno Le Maire
Bruno Le Maire © AFP / Eric Piermont

Une enveloppe supplémentaire pour les hôpitaux

"Des moyens supplémentaires ont été prévus dans ce projet de loi de finances rectificative pour l'hôpital, et c'est largement mérité" annonce ce jeudi matin Bruno Le Maire sur France Inter : "Nous avons [déjà] augmenté les moyens pour les hôpitaux, et c'est de l'argent bien employé" affirme le ministre qui veut "rendre un hommage sincère à tous les personnels des hôpitaux qui nous sauvent. S'il faut de l'argent pour bien les équiper : bien sûr."

"Avec Gerald Darmanin, nous allons présenter [ce jeudi] un projet de loi de finances rectificative, qui contient des moyens supplémentaires pour l'hôpital, pouvant prendre la forme de soutien financier pour les personnels" explique ainsi Bruno Le Maire.

La sécurité sanitaire en entreprise

Face à la réaction de certaines entreprises qui feraient pression sur leurs salariés pour qu'ils restent à leur poste, comme l'affirmait le délégué syndical Laurent Berger mercredi sur France Inter, Bruno Le Maire répond : "C’est normal qu’il y ait un temps de calage mais ce temps doit être le plus bref possible. Il faut garantir la sécurité sanitaire totale des salariés, c’est la priorité absolue. C’est pourquoi je préfère que chacun, dans son entreprise, dans son usine, dans son magasin, prenne le temps nécessaire pour dialoguer avec les salariés et voir comment on organise le travail au sein de l’entreprise. Qu’on redéfinisse les règles de circulation, les temps d’arrivée, le comportement des salariés, les protections qu’on met à leur disposition, tout ça doit être défini. Il faut ouvrir ce dialogue social entre les chefs d’entreprises et les salariés".

"Nous souhaitons qu’il y ait un guide des bonnes pratiques adopté par les partenaires sociaux le plus rapidement possible, et qui serve de référence pour chaque chef d’entreprise."

"Tout ça va nous permettre de retrouver dans les prochaines heures une vie économique ralentie mais qui permette de faire fonctionner des activités essentielles pour le pays. Dans la grande distribution, inspirez-vous des bonnes pratiques, c’est le message que je veux faire passer. Chez Carrefour, il y a eu une multiplication de bulles en plexiglas autour des caissiers et des caissières, c’est une excellente protection."

"Je dis à tous les grands distributeurs 'inspirez-vous de ces bonnes pratiques'. Je rends un hommage appuyé à tous les salariés qui se rendent sur leur poste de travail. Ils nous permettent de nous nourrir correctement" Le ministre de l'Économie poursuit : "J'ai les distributeurs au téléphone tous les jours pour m'assurer de la protection des salariés et de la bonne distribution des produits alimentaires."

Modalités du droit de retrait

Pour les postiers par exemple, le ministre affirme qu'il n'y a "pas de raison d'exercer le droit de retrait dès lors que La Poste garantit les bonnes pratiques sanitaires. Ils apportent aussi des plateaux repas à des personnes âgées isolées, dans des villages reculés, on a besoin d'eux. Des milliers de personnes vont aller chercher leurs prestations sociales le 1er avril et je leur dis 'nous avons besoin de vous, vous êtes absolument vitaux'."

"Le droit de retrait de la loi est clair : il faut qu'il y ait un danger grave et imminent. Tant que les garanties de sécurité sanitaire sont appliquées dans l'entreprise il n'y a pas de raison [de l'appliquer]"

"Mais je comprends l'inquiétude les salariés et leur demande de règles strictes. Nous n'arriverons à surmonter les conséquences économiques de cette épidémie que si nous dialoguons."

Les libraires menacés par Amazon

Alors que la grogne monte chez les salariés d'Amazon, qui ne mettrait pas suffisamment de moyens pour la sécurité sanitaire de ses travailleurs tout en leur imposant la règle du "jour non travaillé = jour non payé" : "Ces pressions sont inacceptables et nous le ferons savoir à Amazon."

Les libraires, de leurs côtés, s'estiment menacés par la plateforme de distribution, puisque ces derniers font partie des commerces obligés de tirer le rideau en période d'épidémie: "J'estime que les libraires sont un commerce de  première nécessité, je suis prêt à rouvrir cette question", a-t-il affirmé.

"Le principe clé, c'est la sécurité sanitaire. La librairie ne peut pas être un lieu de rassemblement."

"Je propose de définir des règles qui permettraient aux libraires de rouvrir, mais que ce ne soit pas un lieu où l'on flâne et où l'on reste longtemps."

Rassurer les salariés

Un auditeur s'inquiète de savoir combien de temps l'état pourra payer les salaires d'employés qui sont confinés à cause de cette pandémie : "Il ne doit pas y avoir de licenciements : nous avons prévu des mesures de chômage partiel massives qui vont coûter environ 8 milliards d'euros sur deux mois. Ils doivent permettre aux salariés de vivre dans la sécurité de leur travail."

"Nous vivons un choc très brutal sur l'économie réelle, ce n'est pas une crise financière. Il faut absolument faire bloc durant les quelques semaines que durera ce choc économique, sans perdre nos compétences et nos salariés."

Protéger les indépendants

"Il y a des dizaines de milliers d'indépendants qui ont zéro recette : le principe c'est 0 recette, 0 dépense. Votre facture d'électricité, de gaz, vous ne devez pas la payer. Votre loyer, vous pouvez demander à le reporter." Il conseille également de contacter directement sa direction des finances publiques locale : "Si vous êtes un indépendant qui n'a plus de chiffre d'affaires, vous  avez droit au fonds de solidarité que nous avons mis en place en  urgence, qui va être adopté cet après-midi à l'Assemblée nationale et  qui donne droit à 1.500 euros automatiques."

Les invités
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.