Le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, est l'invité du Grand entretien de France Inter alors que l'exécutif baisse dans les sondages et après un week-end de mobilisation nationale des gilets jaunes.

Face à la montée du mouvement des "gilets jaunes", le patron des députés LREM refuse de considérer ceux qui crient "Macron démission" comme des adversaires : "je les considère non pas comme des opposants mais comme des victimes", assure Gilles Le Gendre. "C'est plus qu'un désarroi, c'est une exaspération, une colère qui se nourrit depuis des années. Il se trouve qu'aujourd'hui c'est nous qui sommes au pouvoir, et c'est nous qui devons y apporter une réponse. Mais ce qui est mis en cause par ce mouvement, c'est une montée de l’inefficacité de l'action politique depuis des décennies, dont nous avons hérité."

C'est la ligne que développe le député : son mouvement serait l'héritier d'une situation catastrophique. "Nous sommes au pouvoir depuis 18 mois et nous succédons à des pouvoirs qui pendant 30 ans ont nié d'abord la crise, et ensuite la mutation bouleversante dans laquelle nous sommes engagés. Elle fait que dans les années qui viennent nous ne travaillerons plus comme avant, nous ne nous transporterons plus comme avant, nous ne nous soignerons plus comme avant... C'est un moment de vérité pour nous."

Pour lui, cela implique forcément de "l'inquiétude et de l'anxiété", mais aussi de l'impopularité. "Mais nous avons la chance d'avoir un président de la République qui se moque totalement de ses sondages de popularité".

"Pas une politique de droite dure"

Parmi les changements, ceux qui vont toucher le monde des transports. "Dans quelques semaines, vous allez faire la connaissance d'un projet de loi sur les mobilités, sur les transports. On ne se contente pas d'augmenter la fiscalité écologique, on va faciliter un tas de modes de transports alternatifs, beaucoup plus propres et plus proches des besoins des Français, notamment dans ces fameuses zones rurales où la voiture n'a pas d'alternative. On ne peut pas dire qu'on ne fait que de la fiscalité écologique, mais elle est essentielle parce que c'est le seul moyen qui existe de lutter contre le dérèglement climatique."

Enfin, Gilles Le Gendre répond aussi à une accusation de plus en plus pressante contre l'action de la majorité. "Nous ne menons pas du tout une politique de droite dure", assure le député. "Quand nous faisons la somme des mesures que nous avons prises pour les populations les plus fragiles, pour les retraités modestes, avec la suppression du reste à charge, pour les familles monoparentales, avec l'augmentation des droits de garde, quand nous augmentons le crédit d'impôt pour le maintien à domicile des personnages âgées, le minimum vieillesse, l'allocation adulte handicapé, est-ce que ça c'est une politique de droite dure ?"

"On peut certainement expliquer mieux, mais notre politique en France a vécu pendant 30 ans autour de totems et de tabous", explique Gilles Le Gendre, qui cite le cas de la suppression de l'ISF, "péché originel" du gouvernement selon Dominique de Villepin. "Moi-même qui vient de la gauche, je trouve que cette remarque est démagogique. Nous l'avons fait pour soutenir la croissance et soutenir l'emploi."

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Gilles Le Gendre, député "La République En Marche", porte parole du groupe à l'Assemblée Nationale. © Radio France / capture d'écran
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