À l'occasion de la révélation de la sélection France Inter-Le Point pour la rentrée littéraire, les romanciers Lola Lafon et Laurent Petitmangin sont les invités du Grand entretien de France Inter.

La sélection est composée de 10 livres de la rentrée, 5 français et 5 étrangers, choisis par un jury issu des deux médias :

En littérature française :

  • Yoga, d’Emmanuel Carrère (POL)

Enfin, Emmanuel Carrère ! Il n’avait rien publié depuis Le Royaume (2014) en dehors d’un recueil d’articles. Avec cette façon unique de se moquer de lui-même, il avoue que ce devait être "un petit livre optimiste" sur le yoga, qu’il pratique assidûment. C’est compter sans la dépression qui le rattrape, le séjour de quatre mois à l’hôpital Sainte-Anne et le diagnostic des médecins : bipolaire.
Un livre captivant, élégant et courageux sur la maladie mentale et comment vivre avec. 

  • Chavirer, de Lola Lafon (Actes Sud)

1984. Cléo, treize ans, issue d’une modeste famille de la banlieue parisienne, rêve de devenir danseuse de modern jazz. À la sortie d’un cours, une dame élégante lui fait miroiter une bourse d’une mystérieuse Fondation. Mais avant de l’obtenir, il faut qu’elle se montre "coopérative", "souple", qu’elle fasse preuve de "maturité". Elle cède,  entraînant avec elle d’autres collégiennes.
Un splendide roman sur la prédation et l’emprise.

  • Histoire du fils, de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel)

Le fils, c’est André, né de l’insaisissable Gabrielle et de père inconnu. Élevé par la sœur de sa mère à Figeac. Histoire du fils explore la vie d’une famille française à travers ses bonheurs ordinaires, les péripéties de l’Histoire et les non-dits.
Par l’une de nos grandes stylistes. 

  • Histoires de la nuit, de Laurent Mauvignier (Minuit)

Dans le village de La Bassée, Marion s’apprête à fêter ses quarante ans avec son mari, sa fille, et leur voisine, une artiste peintre venue s’installer dans le hameau plusieurs années auparavant. Mais de drôles d’individus rôdent, transformant la soirée d’anniversaire en huis-clos rempli d’effroi. Avec ses phrases étirées et une façon de jouer avec l’attente portée à son paroxysme, Laurent Mauvignier met l’esprit du lecteur sous tension.
Un très grand cru.  

  • Ce qu’il faut de nuit, de Laurent Petitmangin (La Manufacture de Livres)

Un père, employé à la SNCF dans l’Est de la France élève seul ses deux fils. Il y a le foot, les vacances trop rares, les espoirs dans l’avenir qui s’amenuisent. Et le choc quand le père découvre que son aîné fricote avec le Front National. Insupportable quand on a soi-même été un militant socialiste. C’est la confession d’un père qui ne comprend pas comment son fils est devenu un étranger.
Premier roman d’un auteur de 55 ans, cadre à Air France. Un livre sur la transmission et le déterminisme social.

En littérature étrangère : 

  • Americain Dirt, de Jeanine Cummins (traduit de l’américain par Françoise Adlestain et Christine Auché, éditions Philippe Rey)

Libraire à Acapulco, au Mexique, Lydia est obligée de prendre la fuite avec son fils de huit ans le jour où son compagnon, journaliste, révèle dans la presse l’identité du chef d’un cartel de la drogue. Dès lors, leur quotidien se mêle à celui de ces hommes et de ces femmes qui vivent avec une idée fixe : avancer vers la frontière. Un roman que Don Winslow qualifie de "Raisins de la colère de notre temps". 

  • Impossible, de Erri de Luca (traduit de l’italien par Gallimard)

Un magistrat interroge un ancien militant d’extrême-gauche, soupçonné du meurtre en montagne d’un homme qui l’avait trahi. L’amitié, l’engagement politique, la trahison : on retrouve dans ce roman en forme de dialogue les thèmes chers à Erri de Luca.

  • La dernière interview, de Eshkol Nevo (traduit de l’hébreu par Jean-Luc Allouche, Gallimard)

Un écrivain à succès répond aux questions d’internautes. S’agit-il de l’auteur lui-même ? Peut-être. Ou peut-être pas. Chaque question est l’occasion de digressions qui finissent par composer un tableau de sa vie : sa compagne, ses enfants, son ami Ari qui se meurt d’un cancer, sa déprime chronique. Ce ne serait pas drôle sans l’humour délirant d’ Eshkol Nevo (son personnage va jusqu’à se persuader que son attachée de presse fait passer des membres de sa famille pour des journalistes pour lui faire croire que la presse d’intéresse à lui). 

  • M, de Antonio Scurati (traduit de l’italien par Nathalie Bauer, Les Arènes)

Il a fallu seulement six ans à un agitateur populiste pour devenir le dictateur charismatique qui fascine tout un peuple. M, c’est le roman de l’ascension de Mussolini. Lauréat du prix Strega, le Goncourt italien.

  • Trois femmes, de Lisa Taddeo (traduit de l’américain par Luc Dutour, Lattès)

Quand la mère de Lisa Taddeo était jeune, chaque matin un homme la suivait quand elle se rendait à son travail et, un pas derrière elle, se masturbait. Devenue adulte, la journaliste américaine a voulu en savoir plus sur le désir féminin, sa fragilité, sa complexité, et ce qu’il dit des rapports de pouvoir. Pendant huit ans, elle a enquêté auprès de trois femmes. Sans tabou. 

Le jury

Il est composé pour Le Point de Marie-Laure Delorme, rédactrice, Valérie Marin la Meslée, reporter service culture, Christophe Ono-dit-Biot, directeur adjoint de la rédaction, Michel Schneider, journaliste, et, pour France Inter d’Anne-Julie Bémont, responsable de projets des éditions écrites et sonores de Radio France, Nicolas Demorand, journaliste et présentateur du "7/9", Ilana Moryoussef, journaliste au service culture et Augustin Trapenard, producteur de l’émission "Boomerang".

Une sélection à retrouver dans le magazine Le Point, ce jeudi 20 août 2020, sur franceinter.fr et lepoint.fr

  • Légende du visuel principal: Que lire en septembre ? Découvrez la sélection France Inter - Le Point des livres français et étrangers de la rentrée littéraire © Getty /
Les invités
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