Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand à 8h20.

À la SNCF, Laurent Berger "souhaite" une trève de Noël

À l'approche des vacances de Noël, le leader de la CFDT espère que les cheminots observeront une trève. "Je le souhaite, il y aura des réponses dans la journée, mais je les appelle à le faire. Il faut que chacun puisse circuler librement pendant les fêtes."

Des actions dès début janvier

Depuis qu'elle a été annoncée par le gouvernement, la mesure de l'âge pivot à 64 ans constitue la "ligne rouge" infranchissable de la CFDT, qui a rallié le mouvement de grève à cause de ce désaccord. Le gouvernement va-t-il maintenir cette mesure malgré tout ? "J'espère que non, mais j'ai senti hier une grande détermination de la part du gouvernement. Mais je vous le dis : ça va monter très très fort au mois de janvier. À partir du 6 janvier, la CFDT va interpeller les parlementaires, mener des actions."

Laurent Berger précise que son syndicat "va proposer aux citoyens de se mobiliser, y compris pourquoi pas un samedi, juste avant l'examen du projet de loi" après les fêtes.

"Ce qu'on fait, c'est une bonne vieille réforme classique où l'on demande aux gens de travailler plus longtemps"

Le leader de la CFDT enfonce le clou sur l'âge pivot : "Je ne suis pas seul à le dire, mais ces mesures d'équilibre de court terme ne sont absolument pas nécessaires. Là, ce que le gouvernement fait, c'est une bonne vieille réforme classique, où l'on demande aux gens de travailler plus longtemps ! Je le redis, je veux que l'âge pivot soit retiré de la réforme, pour une raison simple : c'est injuste."

Il déplore la "logique arithmétique" qui justifie l'âge pivot : "Le gouvernement est en train de pourrir cette réforme avec une mesure paramétrique, purement budgétaire." À la base, "cette réforme est une réforme de justice, parce que le système actuel n'est pas juste. Mais ce qui arrive dès 2022, c'est une réforme comptable, et ce n'était pas ça, la promesse du gouvernement."

Pour autant, si le leader de la CFDT affirme être "toujours en désaccord sur le fond" de la réforme avec le gouvernement, il précise : "je ne vais pas dire qu'il n'y a pas une volonté de dialogue et d'ouverture". Il réfute toute idée de combat d'ego entre lui et l'exécutif : "Avec Édouard Philippe, on a des désaccords forts, mais il n'y a pas de combat de coq, d'ego, etc. C'est pareil avec le président. Ça n'a pas de sens, on est sur un sujet de fond."

  • Légende du visuel principal: Laurent Berger © AFP / Bertrand Guay
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