Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP et auteur de "Comment j'ai tué son père" aux éditions Stock, est l'invité du Grand Entretien de France Inter avec Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

Deux romans face à face : Martin Hirsch, dans son livre "Comment j'ai tué son père"(Ed. Stock), répond aux attaques de l'écrivain Édouard Louis, qui accusait dans son ouvrage "Qui à tué mon père" (Ed. Seuil) le directeur général de l'AP-HP d'avoir "broyé le dos de son père avec le RSA".

Sur le rassemblement contre l'antisémitisme

Martin Hirsch a participé au rassemblement organisé mardi soir Place de la République à Paris : "En ce moment il n’y a pas de place pour l’ambigüité (...) J’ai vu peu de jeunes, plutôt des gens plus vieux que moi (...) Il y a le début des ingrédients d'époques que l’on a déjà connu."

Il raconte encore dans son livre : "Une journée [passée il y a dix ans] avec des militants du Front National" qui avait pris pour cible des musulmans : "Quand on leur posait la question ‘et les juifs?’, ils répondaient ‘pour l’instant, on a pas besoin (de les détester)".

On a une responsabilité particulière à montrer qu’on est im-per-mé-able

Sur le roman d'Édouard Louis

"J’assume que ces politiques publiques auxquelles j’ai participé ont un impact sur la vie des gens (...) [Lui] fait un impact fantasmé, idéologisé" explique l'auteur de ""Comment j'ai tué son père" :

"Quand j’ai écouté les paroles d’Édouard Louis à la radio, il n’y avait pas de guillemets (...) Lui ne dit pas que c’est un roman", s'insurge Martin Hirsch : "Ce qu'il fait, j'appelle ça “révisionnisme social” , c'est à dire "réviser l'histoire telle qu'elle est."

Moi j’ai inventé le RSA et lui expliquerait à des lecteurs, qu’il prendrait pour des gogos, que c’est une arme de destruction? Les intellectuels ont une responsabilité !

"Je lui ai écris quatre pages, je me suis dit 'Il a pas compris ou il invente', donc je lui ai écris une liste de questions : il ne répond même pas" poursuit le directeur général de l'AP-HP.

Je suis le créateur, non pas d’un Frankenstein, mais d’une loi dont j’ai demandé moi-même les évolutions

Sur les manques d'effectifs aux urgences des hôpitaux publics

A propos du décès récent d'un patient dans le couloir des urgences de l'hôpital Lariboisière, à Paris : "Dans les hôpitaux il y a des normes, aujourd’hui les normes ne sont pas applicables dans les urgences, sur les effectifs (...) C’est aussi la raison pour laquelle on va systématiquement remplacer les congés maternité des infirmières".

Sur les remplacements chez les assistantes sociales dans les hôpitaux publics : "Je viens de mettre en place un système, le fait de tutorer de jeunes professionnels, c’est un sujet sur lequel nous sommes en grande difficulté".

Faut-il une contrepartie au versement des aides sociales ? "Chaque fois qu’on travaille, on doit avoir une fiche de paye (...) Quand vous donnez une heure de travail, vous avez une heure de salaire( ...) Faire en sorte que quelqu'un qui reçoit une aide sociale travaille sans salaire, la conséquence est qu’il se retrouve en concurrence avec des vrais salariés (...) donc j’y suis défavorable".

  • Légende du visuel principal: Martin HIRSCH © AFP / Ludovic MARIN
Les invités
  • Martin Hirschdirecteur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris
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