Roger Cohen, éditorialiste et chef du bureau du New-York Times à Paris, et Hugo Micheron, docteur en sciences-politiques, chercheur au département d'études proches orientales de Princeton (Etats-Unis), sont les invités du Grand entretien de France Inter.

Pour Roger Cohen, le fait de voir Washington "bouclée" pour l'inauguration day, "ce sont des images choquantes". "Qu’il y ait du fil barbelé et des soldats partout, pour une transition de pouvoir pacifique aux USA, c’est quelque chose ! C’est à la mesure de ce que le président Trump a fait en termes de fracture américaine, de violences intérieure, et de grosse inquiétude."

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"Washington est presque une zone militarisée autour du Capitole. Et même à New-York, il y a une vraie tension qui n’est pas visible mais palpable, dans les conversations, dans la frénésie médiatique depuis le 6 janvier", raconte Hugo Micheron. "On est dans l’expectative. C'est tout à fait paradoxal puisque ce jour de transition présidentielle est censé être un événement parfaitement fluide, et non un enjeu sécuritaire majeur. Ce pays, qui s’enorgueillit d’être la première démocratie mondiale, évolue dans un climat d’instabilité politique qui n’est pas du tout dans les habitudes des USA."

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Quel climat pour l'arrivée de Joe Biden ?

"Joe Biden n’était pas l’homme du moment", rappelle Roger Cohen. "Pendant la campagne, il semblait qu’il n’irait nulle part. Puis le Covid est arrivé, 400.000 morts aux États-Unis, et les Américains ont cherché quelqu’un qu’ils connaissaient. C’est un homme décent, après une présidence indécente, un homme qui a souffert personnellement. Il a une empathie que n’avait pas Donald Trump. C’est le point de départ : avoir un homme décent à la Maison Blanche, c’est déjà quelque chose. Et la gauche du parti le poussera à prendre des positions difficiles, car c’est un homme du centre, en quête de réconciliation."

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Hugo Micheron évoque lui une sorte de “guerre civile froide”, "un climat où chaque camp de l’échiquier politique considère son rival comme son ennemi, et aborde chaque élection comme s’il s’agissait d’une question de survie. Et ça, c’est pas ce qu’on pourrait qualifier de climat serein ! Joe Biden a pour feuille de route de réconcilier l’Amérique, une Amérique divisée entre partis mais aussi à l’intérieur même des partis."

"Beaucoup de postes-clés sont attribués à des hommes blancs"

Comment gouvernera le nouveau président ? "Les instincts de Joe Biden sont toujours vers le centre, et il a gagné parce que c’était ce que les Américains cherchaient", détaille Roger Cohen. "Ceci dit, après cette période Trump de tensions raciales extrêmes, avec un mépris pour les femmes, il faudrait vraiment que Biden démontre une autre attitude. Il en est très conscient et beaucoup de personnes le poussent dans ce sens. Il a essayé de constituer un cabinet qui soit un miroir des États-Unis, tel que le pays se représente aujourd’hui. Ceci dit, beaucoup de postes-clés sont attribués à des hommes blancs…"

"Il veut surtout montrer une autre image des États-Unis. Et la récupération du pays va être longue."

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"Une partie du camp démocrate, celle qui a soutenu Biden, a tendance à considérer que la position de la gauche du parti sont plutôt des tendances qu’il faut canaliser, parce qu’ils considèrent que ça effraie le centre", rappelle Hugo Micheron. "Pour l’instant, Biden s’est mis au-dessus de la mêlée, en composant une administration assez équilibrée. Mais il est certain que la gauche va se saisir d’un certain nombre d’enjeux politiques dans les mois à venir, pour mettre la pression sur Biden. De l’autre côté, il va falloir tendre la main à un certain nombre de politiques de bonne volonté chez les républicains, qui sortent de 4 ans avec une opposition extrêmement féroce des démocrates."

Y'aura-t-il une revanche de la gauche américaine, étouffée ces quatre dernières années ? "La démocratie, c’est une suite de revanches ! C’est ça qu’on aime, que les choses puissent changer", plaisante Roger Cohen. "Mais par exemple, il n’y a pas une majorité d’Américains et d’Américaines qui pensent que ne plus donner des moyens à la police est une bonne idée. C’est là que Joe Biden peut rééquilibrer les choses. La chose la plus dévastatrice de la présidence de Trump, au-delà des idées, c’était l’homme : cet ego qui n’acceptait pas la défaite. Ce qu’il a fait ces derniers mois était seulement l’apogée de tout ce qu’il avait fait avant !"

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  • Légende du visuel principal: Inauguration Day : le jour où les Etats-Unis changent de président. Après quatre années de présidence, Donald Trump quitte la Maison Blanche et laisse la place à Joe Biden, 46ème Président des Etats-Unis © AFP / Mandel Ngan
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