Bruno Retailleau, Président du groupe LR au Sénat est l'invité du Grand entretien d'Amélie Perrier. Il revient sur l'affaire Benalla, mais aussi sur la réforme constitutionnelle, et sur le projet de loi sur la PMA.

Bruno Retailleau, Sénateur LR de Vendée
Bruno Retailleau, Sénateur LR de Vendée © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

S'il n'assistera pas lui-même à l'audition de Gérard Collomb par la commission des lois au Parlement, le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau n'en attend pas moins des réponses sur l'affaire Alexandre Benalla. "Le scandale a atteint de tels niveaux que seul Emmanuel Macron sera en mesure d'endiguer le soupçon, le doute (...) Pourquoi cet énergumène a-t-il été recruté à l'Elysée compte tenu de ses antécédents ? Pourquoi s'est-il retrouvé au cœur d'une opération de maintien de l'ordre ? Pourquoi n'a-t-il eu qu'une petite sanction ? (...) Pourquoi l'Elysée, qui est une formidable machine à communiquer, est-elle sans voix ?"

"C'est parce que nous n'avons pas de réponses aux questions que nous nous posons que le soupçon est en train de naître". 

"On a face à nous une machine à communiquer extrêmement bien huilée", explique le sénateur LR pour désigner l'Elysée. "Il suffit de cet énergumène pour que cette machine se bloque. Pourquoi ? Le président de la République ne peut plus se défausser sur des subalternes", ajoute-t-il, faisant le parallèle avec le limogeage extrêmement rapide, l'an dernier, du général de Villiers. 

"Devant les députés jeudi, le Premier ministre était embarrassé : il a évoqué la Justice, mais celle-ci s'est autosaisie. Dès que l'Elysée a eu connaissance des faits elle aurait dû saisir la justice", reproche Bruno Retailleau. "Je m'étonne que, des heures après que Le Monde a révélé cette vidéo, aucune sanction n'a été prise. Pourquoi cette indulgence ?" 

Il dit par ailleurs avoir déjà noté, lors de sa réponse au discours d'Emmanuel Macron au Congrès début juillet, que "l'ambiance a changé, les Français sont passés de l'espoir suscité par l'élection à un vrai doute. Il y a un certain nombre d'ambiguïtés sur des discours sur l'autorité de l'Etat. La verticalité n'est positive que si elle est tournée au service des Français". 

Sur la réforme constitutionnelle

Alors que la réforme constitutionnelle proposée par l'exécutif prévoit une baisse du nombre de parlementaires, Bruno Retailleau pose une condition : "Oui à la diminution des sénateurs, mais avec une juste représentation des territoires. On ne veut pas qu'il y ait plus de 20 départements où il n'y ait qu'un seul sénateur. Pour faire le tour d'un département il faut plusieurs heures. Ce sont ces territoires qui sont faiblement peuplés qui n'auront même plus de voix pour les représenter à Paris. Ce qu'on veut c'est que les Français soient justement représentés."

Il déplore également que la réforme constitutionnelle, selon lui, renforce le rôle du président de la République en permettant à l'exécutif d'avoir le contrôle de l'ordre du jour ou de prendre la parole plus facilement devant le Parlement. "On nous propose d'affaiblir le Parlement alors qu'il est déjà l'un des plus faibles en Europe. _Imaginez qu'un jour ces institutions révisées tombent entre de mauvaises mains_..."

Sur la PMA

Après que le député LREM Guillaume Chiche a renoncé à déposer une proposition de loi sur l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes célibataires, qui fera finalement l'objet d'un projet de loi émanant du gouvernement, Bruno Retailleau note que "dans sa déclaration le député Chiche liait la PMA et la GPA [gestation pour autrui, ndlr].On voit bien que les deux vont être liés : comment voulez-vous refuser ce que vous allez autoriser pour les couples homosexuels féminins à des couples homosexuels masculins ?"

Déclarant avoir "ses convicitions", il prévient : "Est-ce qu'au nom de la souffrance de ne pas avoir d'enfant, il faut entériner le fait qu'on puisse faire naître un enfant délibérément sans père ? (...) Cet envahissement de la technique mérite des questionnements". 

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