François-Xavier Bellamy, tête de liste LR pour les élections européennes, est l'invité du Grand Entretien de la matinale de France Inter.

"L’Europe suscite une défiance qui est aujourd’hui profonde" estime l'élu qui veut que son parti regagne la confiance des citoyens dans l'Europe mais "on le fera pas seulement par des leçons de morale". 

Populisme ou progressisme? "Le RN  a voté contre ce qui pourrait renforcer l’Europe. On confond le symptôme avec le mal. L’Europe se détruit de l’intérieur, elle s’est fragilisée en n’ayant pas su dire qui elle était (...) La pathologie est assez profonde, ce n’est pas le faux duel populiste-progressiste qui pourra y répondre".

Certains candidats sont-ils sous influence étrangère? "Sans aucun doute" estime Bellamy qui tempère : "On voit toujours nos malheurs comme s’ils venaient de l’extérieur. Bannon n’est pas la cause de la défiance, de la crise que traverse l’Europe (...) Tout se passe comme si la seule question était de savoir qui allait arriver premier, mais le vrai débat n’a pas réellement eu lieu". Est-il favorable à la réintégration de Viktor Orban dans la droite européenne ? "J’ai toujours souhaité qu’il reste au sein de la droite européenne, une fracturation géographique menace, il faut travailler pour maintenir ce lien (...) Orban, contrairement à Salvini ne veut pas d’une politique européenne réduite à des quotas de migrations européennes".

Il y a des désaccords mais aussi des points de convergences. Orban dit ce que beaucoup d’européens attendent (...) L’Europe doit maîtriser ses frontières

"Le rôle du politique est de prévenir les crises (...) On a été incapable de réagir comme il aurait fallu(...)  Aujourd’hui nous sommes démunis face aux flux migratoires qui proviennent de la Turquie (...) La crise est devant nous, avec l’explosion de démographie du continent africain (...) Le Nigéria dans quelques années aura autant de citoyens que les États-Unis d’Amérique". 

"70% des personnes déboutées en France ne sont pas éligible au droit d’asile, seules 4% sont reconduites à la frontière" affirme François-Xavier Bellamy. "L’asile est devenu le prétexte à une immigration illégale qui n’a rien à voir avec l’asile (...) Je crois que le pape François est le premier à faire la distinction entre des réfugiés et des migrants économiques".

Vincent Lambert, symbole du débat sur la fin de vie

Vincent Lambert, devenu malgré lui le symbole du débat sur la fin de vie, mourra-t-il dans les prochains jours? L'arrêt des soins de ce patient en état végétatif depuis dix ans est programmé cette semaine, mais ses parents espèrent toujours suspendre la décision par de "nouveaux recours". Réagissant à la décision de justice, François-Xavier Bellamy estime que : "Nous avons la tentation de considérer que la vie absolument dépendante, c’est une vie qui n’est pas digne d’être vécue."

Mon sentiment profond c’est que ce qui se joue aujourd’hui, c’est le regard sur la dépendance : nous vivons dans un monde où vit le culte de la performance, ou être humain c’est être agile

"C’est à ceux là que j’en veux, des gens qui ont utilisé ce cas précis pour faire la promotion de leur revendication politique en faveur de l’euthanasie (...) Ceux qui militent pour le droit à mourir dans la dignité, ce sont ceux qui commencent par déclarer indigne de vivre ceux qui ne correspondent pas à ces standards qui font que la vie mérite d’être vécue" estime la tête de liste LR aux européennes.

“Nous ne savons rien de ces états de conscience (...) On applique le principe de précaution à notre environnement, on devrait aussi le faire à notre humanité".

À propos de la loi anti-avortement passé en Alabama

"On devrait pouvoir offrir à chaque femme les solutions qui permettent de les accompagner (...) instrumentaliser, comme l’a fait LREM, la figure de Simone Veil me parait déplacé".

  • Légende du visuel principal: François-Xavier Bellamy © AFP / Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP
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