Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée, président du groupe LR au Sénat, et auteur de "Refondation" (Éditions de l’Observatoire), est l'invité du Grand Entretien de France Inter à 8h20.

La droite n’a pas à choisir entre la non-réforme et la conservation de tout

"Le sujet n’est pas la droite, mais plutôt pour la prochaine présidentielle : un face à face Macron/Lepen" estime le député, qui pense que "Macron est le point d’arrivée dans lequel la gauche a accompli une double conversion : une libéralisation heureuse et une émancipation hyper-individualiste."

Pour Emmanuel Macron, la réussite collective est la somme des réussites matérielles individuelles. On ne peux pas faire société comme cela

"Le progressisme est plusieurs fois mort : c’est dire que demain sera mieux qu’aujourd’hui, c’est la sortie de la politique, de la démocratie" analyse celui qui poursuit : "Je me bats pour redonner de la puissance à la politique (...) Il y a du Gulliver dans Jupiter".

L'auteur de "Refondation" estime qu'Emmanuel Macron vit "une présidence bavarde : par exemple passer 8h avec des intellectuels (...) Le grand débat ressemble de plus en plus a une forme de mise en scène, j’espère qu’on va en sortir".

Retrouver le "goût du lieu"

Si l'on évoque son ouvrage "repoussoir",  "L’homme nomade" de Jacques Attali (Fayard), sur lequel il porte le même avis que Marine Le Pen, le sénateur vendéen se défend du rapprochement, mais explique : 

Il faut retrouver le goût du lieu, du territoire. En étirant le lien géographique, on a cassé le lien civique

"C’est trop facile d’avoir des élus hors sol, quand rien ne vous tient, vous eêtes sujet à toutes les modes passagères".

Quelle ligne politique européenne ?

"Je n’assume pas la politique d’ouverture des frontières de madame Merkel, pas plus que je n’assume la politique illibérale de monsieur Orban", explique Bruno Retailleau, "Il faut un point d’équilibre".

Je suis attaché à la liberté et à l’identité, je ne veux pas d’une droite hémiplégique

"J’étais le premier à dire “Ne touchons pas à la loi 1905 sur la laïcité”, c’est la Res Publica, la chose commune. De Macron j’attends les actes pour savoir quelle est la vraie ligne."

Sur le refus de la démission du cardinal Barbarin par le Pape

"La faute effrayante d’avoir pensé qu’au nom de la justice de dieu on peut s’extraire de la justice des hommes, c’est une faute qui restera (...) Le pape dit 'attendons la justice des hommes', je refuse de trancher" explique le député, parlant d'une "épreuve qui ouvre des plaies dans le coeur des fidèles".

Sur l'écologie : "Ne pas casser de modèles économiques"

Sur l’absence de questions environnementales chez LR, soulevé par un auditeur, le président de son groupe au Sénat répond : "Le risque pour la planète, il faut le gérer dans le temps sinon on va casser des modèles économiques."

Sur la GPA, "Je ne reconnais pas la liberté sans limite" explique Bruno Retailleau : "Je suis opposé à la GPA parce tout ne peut pas être marchandisé."

A propos des violences en marge de manifestations des "gilets jaunes"

"Si on dit : il ne faut pas brûler sur les Champs-Élysées, vous allez pouvoir brûler ailleurs?"

On peut interdire les manifestations, mais ça signe un échec

  • Légende du visuel principal: Bruno Retailleau © AFP
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  • Bruno Retailleauchef de file des sénateurs Les Républicains, président de la région Pays de La Loire
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