Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'industrie, est l'invité du Grand entretien de France Inter.

Agnès Pannier-Runacher rappelle d'abord que nous vivons "une crise qui n'est pas économique, à la base". "Les fondamentaux de notre économie étaient excellents au moment de l'entrée dans la crise [sanitaire]. La croissance en France était deux fois supérieure à la croissance allemande, et on n'avait jamais eu un taux de chômage aussi bas. Ça ne veut pas dire qu'on est dans le déni : la situation est difficile dans l'industrie, mais nous avons des moyens d'agir."

Elle est toutefois optimiste sur la reprise possible dans l'industrie et sur l'emploi des jeunes. "Avant cette crise, il y avait 50.000 emplois à pourvoir immédiatement dans l'industrie, pour lesquels on n'avait pas les compétences. Beaucoup de chefs d'entreprises étaient prêts à recruter des jeunes motivés et à les former. Cet état d'esprit est encore présent dans l'industrie."

La ministre déléguée évoque aussi l'obligation prochaine de porter un masque en entreprise, aux frais de cette dernière. "Dans une entreprise qui a l'habitude d'équiper ses salariés en matériaux de protection, rien de nouveau sous le soleil", assure-t-elle. "Ce sera un coût, il y a d'autres coûts liés à la Covid-19. C'est un coût qui est mondial, c'est-à-dire qu'en termes de compétitivité relative, la France n'est pas isolée. Et c'est un enjeu de santé publique et de sécurisation des salariés."

De plus, elle rappelle que pour faire des économies facilement, il suffit de privilégier certains types de masques. "Un masque textile réutilisable, lavable, c'est beaucoup moins cher qu'un masque plastique." Elle évoque aussi la production française de masques, qui a réussi à rattraper son retard durant le confinement. 

Plus largement, "cette crise a montré des fragilités, des vulnérabilités de l'économie européenne, ça a été une prise de conscience collective". Auparavant, "l'action stratégique qui permettait de soutenir des filières était très encadrée" : "On s'autorise maintenant à intervenir de manière plus ferme dans l'économie."

Elle reprend aussi le leitmotiv de son collègue à l'Économie, Bruno Le Maire. "On n'augmente pas les impôts, ce serait écorner la confiance. En 2008,  la croissance française a été cassée par l'augmentation des impôts [...]  on ne fera pas cette faute-là."

  • Légende du visuel principal: Agnès Pannier-Runacher © AFP / Lionel Bonaventure
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  • Agnès Pannier-RunacherMinistre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l'Industrie.
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