Philippe Bas, sénateur Les Républicains de la Manche a estimé sur France Inter que la commission d’enquête sur l'affaire Benalla qu’il a présidé avait fait “oeuvre de vérité” et dénoncé des “points de vulnérabilité” dans la sécurité du président de la République.

Six mois de travail, 40 personnes interrogées : la commission d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla a rendu son rapport mercredi. Invité de France Inter, Philippe Bas, président de la commission des lois de la Chambre haute, a estimé que la commission d’enquête qu’il a dirigé avait fait “oeuvre de vérité. “Nous avons voulu faire oeuvre de vérité et c’était notre rôle. Il y a un droit fondamental des Français inscrit dans la Déclaration des droits de l’Homme et nous l’avons exercé parce que nous sommes leurs représentants” a justifié Philippe Bas. 

Dans le rapport, les sénateurs dénoncent les dysfonctionnements dans la mise en oeuvre de la sécurité présidentielle et estiment que des risques sont nés de ces dysfonctionnements.  “Les choses sont aujourd’hui rentrées dans l’ordre mais du temps de monsieur Benalla, il y avait à cet égard des points de vulnérabilité. C’était notre rôle de les relever (...) Le Sénat est une assemblée libre, indépendante et non alignée ; c’est même la seule. Tout notre travail s’est fait sous le regard des Français et je les laisse juges !

Dieu merci, il n’y a pas eu de problème” avec la présence aux côtés d'Emmanuel Macron d'Alexandre Benalla, juge Philippe Bas. “Nous devons assurer la sécurité du Président en fonction des meilleurs standards internationaux. La sécurité d’un chef d’État ou de gouvernement est assurée par des corps d’élite sélectionnés et entraînés, qui connaissent ce métier, comme c’est le cas du Groupe de sécurité de la présidence de la République en France. Et leur travail a été compliqué par les interférence d’Alexandre Benalla dans le fonctionnement de la sécurité.” Il ajoute : “Son rôle manifeste dans la protection rapproché du président de la République a créé une source de vulnérabilité. Aujourd’hui, elle a disparu et je considère que le Président a maintenant les meilleures conditions pour que sa sécurité soit assurée”.

Est-ce une "affaire d'État" ?

Tout le monde voit bien ce qu’il s’est passé. On part de possible voies de fait commises par deux individus pendant les manifestations du 1er-Mai. Au lieu d’un licenciement, il y a une sanction que nous trouvons légère et pas totalement appliquée. Il n’y aurait pas eu d’affaire si, dès le 2 mai, les conclusions avaient été tirées” estime Philippe Bas. 

La proximité de Benalla avec des intérêts russes inquiète aussi le sénateur : “On ne peut pas être dans la main d'intérêts étrangers puissants quand on a un rôle dans la sécurité du président de la cinquième puissance du monde”.

Il s'indigne aussi du manque de précautions prises avec les collaborateurs tels qu'Alexandre Benalla : “On n’a pas tout fait pour récupérer les passeports ou son téléphone cryptée (...) On n’a pas tout fait pour que les chargés de mission remplissent des déclarations d’intérêt ou les modifient si leurs intérêts évoluent”. 

  • Légende du visuel principal: Philippe Bas, président de la commission des lois du Sénat. © Maxppp /
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  • Philippe BasSénateur (LR), président de la Commission des Lois au Sénat
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