Jean-Paul Delevoye, Haut commissaire à la réforme des retraites est l'invité du grand entretien. Il assure que l'âge légal de départ à la retraite, celui à partir duquel on est libre de choisir de partir ou pas, restera fixé à 62 ans.

Alors que la confusion règne sur la question de l'âge de départ à la retraite, Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, est catégorique : "Le pacte que nous avons noué, les décisions prises et présentées en octobre dernier, montrent très clairement un engagement : l'âge légal reste fixé à 62 ans" dans le dossier sur lequel il est en charge, celui de la réforme des retraites.

Il tient à préciser que le dossier sur lequel il est compétent est bien celui des retraites et non celui de la dépendance, dont il a aussi été question mais pour lequel il n'est pas impliqué : à ce sujet il explique qu'il "appartiendra aux politiques d'en fixer la nature et de fixer les enjeux de caractère relatif à la santé et les problèmes de financement".

Jean-Paul Delevoye explique par ailleurs qu'autour de la question des retraites, "les gens de droite ont une lecture logique de caractère budgétaire qui fait qu’en repoussant l’âge à chaque fois on gagne 7, 8, 10 milliards. Les gens de gauche ont plutôt fait des réformes qui augmentent la durée de cotisation. C’est-à-dire qu’aujourd’hui si vous avez 22 ans et qu’il faut 43 ans de cotisation pour avoir le taux plein, ça vous fait partir à 65 ans. Les Français partent quand ils décident que leur pension est au niveau qu’ils souhaitent". 

"Les Français partent quand ils décident que leur pension est au niveau qu'ils souhaitent".

"Sur l’âge de départ, il y a un âge où l’équilibre du système c’est plutôt 63 ans ou 63 ans et demi, en disant donc aux personnes que si elles veulent partir un peu plus tard on a une majoration de vos points de pension", explique le haut-commissaire, ouvrant la voie à un système où le fait de partir plus tardivement à la retraite serait mis en avant. 

"Nous, nous voulons un système économiquement responsable et socialement juste. Les principes que nous embarquons dans le projet, c’est une liberté de choix à partir de 62 ans. Mais un des indicateurs du choix, c’est le niveau de la pension". 

Pourquoi s’interdire toute hypothèse ? On est dans un pays incroyable, on pose un problème et on s’interdit déjà un certain nombre de réponses.

Quel avenir pour le point d'indice des retraites ? "Le point doit être un juste équilibre entre le montant des pensions, des cotisations, l’espérance de vie… nous sommes en train de travailler à toutes les garanties. L’intérêt des discussions avec les partenaires sociaux, c’est de faire en sorte de garantir l’évolution des pensions de retraites. Le sujet principal c’est l’indexation : quand vous acquérez des points à 25 ans, quelle est leur valeur quarante ans plus tard. Si vos points sont acquis sur des salaires, ils doivent évoluer sur ces salaires". 

Après la question d'un auditeur trentenaire inquiet de l'avenir des retraites, il pose la question : "Comment réembarquer la confiance des jeunes ?" "La majorité de nos concitoyens sont attachés à un système de répartition. Les jeunes, qui ne croient plus au système, pensent qu’ils cotisent à perte et sont en train d’évoluer sur un système de capitalisation. Comment alors, dans les lycées et les collèges, faire des cours très ciblés sur la richesse de la protection sociale à la française. Il faut faire une éducation à cela ?"

"En réalité, le système à points fait qu’à chaque fois qu’il y a un revenu, vous allez acquérir des points. A chaque fois qu’un point vous sera accordé au titre d’une solidarité, ce point sera monétisable et augmentera votre pension. Si malheureusement vous avez des parcours heurtés, si vous avez des revenus inférieurs, vous aurez le minimum vieillesse ou le minimum de pension", assure-t-il, en s'engageant également à ce que le dispositif de "carrière longue" soit maintenu dans le dispositif qui sera proposé.

  • Légende du visuel principal: Jean-Paul Delevoye, Haut commissaire à la réforme des retraites © Radio France
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  • Jean-Paul DelevoyeAncien Président du Conseil économique social et environnemental, ancien Médiateur de la République
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