Philippe Val publie "Tu finiras clochard comme ton Zola" (Ed.l'Observatoire). L'ancien directeur de la rédaction de Charlie Hebdo et de France Inter est l'invité du Grand Entretien de France Inter.

Philippe Val, ancien directeur de la rédaction de Charlie Hebdo et de France Inter, publie "Tu finiras clochard comme ton Zola" (Ed.l'Observatoire), adressé à son fils de quatre ans : "J'ai voulu raconter une époque et un siècle, qui eu quelques bienfaits et beaucoup de tragédies et de honte, un siècle globalement monstrueux, le pire de tous, et dont est sorti de grandes choses malgré tout."

"C'est impossible de dire 'Je' dans ces histoires là" explique-t-il pour expliquer son recours à un personnage narrateur, selon la trame du roman. Le titre émane d'une réelle parole de son père, alors que Philippe Val lui apprend son désir d'étudier la philosophie : "Je revois la scène comme si c'était hier. C'était l'époque, les gens pensaient ça (...) Il fallait sacrifier le présent à une belle carrière, je ne voulais pas vivre autre chose que la bohème."

Après les attentats de Charlie Hebdo, Philippe Val estime que "C'est 2015 qui a fait basculer dans un autre monde : il y a un espace démocratique perdu en France, sur lequel on ne peut plus marcher librement." 

C'est très grave on a perdu quelqu'un chose, il faut qu'on le regagne que faire pour que le droit à la critique, au blasphème redevienne normal, c'est très important  

"On devrait alerter l'opinion plutôt qu'être alertée par elle,  les journalistes se sont aperçu de ça après , c'est très emmerdant."

L'enfant que j'étais a très vite cherché quelque chose. La musique et la littérature m'ont sauvé la vie

"Trouver la grâce, c'est l'expression ultime de la liberté" estime Philippe Val : "Ça nous arrive au concert, devant des peintures, l'art est l'un des moyens des plus sûrs d'obtenir ces moments de grâce, ce sont des moments où l'on pense tellement librement (...) Le monde serait épouvantable s'il n'y avait pas l'art et les moments de grâce (...) C'est pas bobo, on vit dans un monde sauvage ? Quand on partage le rire avec quelqu'un on ne s'entretue pas". 

Dans le procès des caricatures, on a eu des moments dans l'audience où l'on a ri ensemble, c'est tellement fort

Sur son fils de 4 ans qui le voit tout le temps avec des policiers : "Je ne mens pas à mon fils de 4 ans : je lui dit que ça fait partie de mon travail."

"Je suis toujours de gauche"

"C'est la gauche qui a rompu avec moi, pas moi qui ai rompu avec la gauche" estime l'ex-patron de la rédaction de Charlie Hebdo : "il y a une gauche qui a travaillé uniquement sur le coté victimes des bourreaux, qui a transformé les terroristes en victimes de la société." 

Publier ou pas

"En 2007 et 2008, il n'y avait pas eu les attentats" se souvient Philippe Val : "On ne pouvait pas penser une seconde que ça évoluerait de cette manière-là" . Selon lui, rien ne pouvait faire penser que "la France pouvait devenir un pays ou la bigoterie dicterait sa loi dans les publications." 

Sur la publications des caricatures de Mahomet en couverture de Charlie Hebdo :" Si c'était à refaire, on en avait souvent parlé avec Cabu, évidemment qu"on le referait."   

La montée de l'antisémitisme

Philippe Val : "Je souhaite profondément que les Palestiniens aient le droit de vivre en sécurité dans des frontières, et soient heureux dans un pays démocratique, vivent leur vie, élèvent leurs enfants et n'aient pas peur (...) Ça ne m'empêche pas de penser que l'antisionisme, c'est de l'antisémitisme, parce que ça n'a rien à voir et cette confusion des mots est très grave."

C'est un antisémitisme, l'antisionisme. On peut être hostile à la politique de l'État d'Israël. On ne peut pas être hostile à Israël.

  • Légende du visuel principal: Philippe Val © Radio France / Anne Audigier
Les invités
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.