Le philosophe Michaël Fœssel est l'invité d'Ali Baddou à 8h20

Confinement et démocratie

A l'occasion de la crise du coronavirus, "la valeur de la vie humaine a pris dans nos société, et la survie, une importance qu’elle n’avait pas encore au XXe siècle", note le philosophe.

Pour lui, "l’événement ce n’est tant l’épidémie que les mesures prises pour y répliquer. Nous avons été des malades imaginaires, on nous demandait de vivre comme si nous étions contagieux (pour ceux qui n’avaient pas de symptômes)"

Il y a eu un certain nombre d'études qui ont porté sur les effets sociaux des grandes épidémies dans l'Histoire. "Même si comparaison n'est pas raison, il y a des constantes, comme le fait de chercher des bouc-émissaires." remarque Michaël Fœssel.

Si on compare avec pays démocratiques européennes, "la France a adopté des mesures draconiennes parmi les plus dures, qui ont immédiatement mis dans la boucle, la police et la justice, en plus d e l’état d’urgence sanitaire". 

On est parti en France sur le postulat selon lequel la population est infantile. 

Michaël Fœssel a été surpris par certains débats concernant la parole des médecins : "Ce qui m'a surpris, c'est la facilité avec laquelle des débats du corps médical se sont traduits dans le discours politique du monde d'avant : il y avait des médecins qu'on disait "populistes" contre "l'establishment" de cette même médecine."

Quel rapport à la nature ? 

Michaël Fœssel note que certains discours actuellement supposent que la nature soit une personne dotée d'intention. "On suppose que la nature a une intention contre l’humanité"  mais il ne lui semble pas pertinent de procéder à "l'inculpation générale de l’humanité"

"La nature n’est pas un personnage douée d’intention ; les métaphores, comme l’ultimatum du déposé par le pangolin devant nous, c’est discutable". 

Il y a une sorte de "romantisme de confinement", on a pu dire que dans les villes très polluées on pouvait enfin revoir les étoiles, "mais dans de villes comme New Delhi, c’est ne pas voir, la violence inouïe du confinement , la moitié de l’Inde vit dans la rue économiquement, donc ça produit des désastres humains. Alors, on a pu voir les étoiles, mais il n’y avait plus personne pour les regarder". 

  • Légende du visuel principal: Michaël Fœssel © Radio France / Bruno Coutier / Bruno Coutier via AFP
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