Le philosophe Michaël Fœssel est l'invité de Nicolas Demorand pour la sortie de son ouvrage "Récidive" (Presse universitaires de France).

Vivons nous un retour au climat des années 1930 ? C'est la question que se pose le philosophe Michaël Fœssel dans son ouvrage "Récidive", publié aux Presse universitaires de France. "Récidive", c'est le mot qu'il préfère employer au lieu de répétition. "La récidive est un terme médical qui signifie que le même mal affecte un corps à deux périodes de sa vie organique" : selon lui, en 1938, "toutes les mesures sont prises par décret, on est dans un régime quasi présidentiel. Je citerai un écho qui est direct : c’est l’année ou sont pris des décrets de plus en plus hostiles aux réfugiés".

"De la part du monde politique, de la presse et de l’opinion publique il y a une très grande défiance à l’égard de ce qui est pourtant la tradition française. Une des formulations souvent présente à l'époque c’est d'ailleurs 'La France a beaucoup fait mais...'. J’entends dans ce 'mais' comme une sorte de fatigue à l’égard de ce qu’est la tradition française [d'accueil, NDLR]. Je ne compare pas la situation la situation d'hier et d'aujourd'hui, je compare une sorte de logiciel, de manière d’interpréter les choses qui consiste à dire qu’en période de crise nous ne pouvons plus être la patrie des droits de l’homme" interprète le philosophe. 

Autre constat, "le fascisme est le premier à se gargariser de l’effacement du clivage droite-gauche" selon Michaël Fœssel qui explique que le "mot d'ordre fasciste de 1938 était 'ni droite, ni gauche : français'" ; "C'est comme traduire l'alternative droite/gauche en les nationaux contre les ennemis de la nation" ajoute-t-il. 

Au micro de France Inter, Michaël Fœssel explique également pourquoi il ne s'est pas rendu au grand débat des intellectuels, organisé cette semaine par Emmanuel Macron : "Il s'agissait de formuler en quatre ou cinq minutes maximum une question fondamentale pour la France. Je me suis interrogé pour savoir comment en quelques minutes dire quelque chose qui n’était pas télécommandé. J’ai pensé que le format n'était pas adapté. (...) Ce n’est pas inutile mais on a le sentiment d'une adresse faite au président et d’une réponse, mais pas d'un dialogue".  

  • Légende du visuel principal: Michael Foessel © Aucun(e)
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