Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste est l'invité de la matinale de France Inter.

Le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent est l'invité du Grand entretien de France Inter, quelques jours avant le 38e congrès du PCF pendant lequel il devrait céder sa place.

La direction du Parti communiste

Fabien Roussel, député du Nord devrait succéder à Pierre Laurent à la tête du PCF et il devrait devenir une sorte de numéro deux. L’actuel dirigent du Parti communiste, reconnait qu'il y a "un vrai changement de générations", entamé au Sénat et à l’Assemblée ainsi que dans les fédérations. "La demande de changement est forte" explique-t-il. Pour lui, le débat politique se situe entre l'affirmation des idées communistes et le maintien d’une ligne unitaire de rassemblement, "l’unité de la gauche."

"J'avais proposé de rester pour aider la nouvelle équipe pendant deux ans, il y a eu une poussée pour que le changement se passe rapidement" explique Pierre Laurent qui devrait donc diriger Conseil national du PCF. "Je jouerai un rôle important dans la direction" ajoute-t-il. 

Jean-Luc Mélenchon

Paradoxalement, explique le dirigeant communiste, "nos idées progressent dans la société mais pas notre parti. La France insoumise pense occuper l’espace à elle toute seule. On a envie de se faire respecter". Pour lui, Jean-Luc Mélenchon n’a pas respecté les Communistes notamment au moment de l'élection présidentielle de 2017. 

Selon lui, la France insoumise relativise la question sociale ou la question de classes. À ses yeux, les deux événements majeurs de cette semaine, d’un côté, les Gilets jaunes et de l’autre l'arrestation du dirigeant de Nissan-Renault-Mitsubishi, Carlos Ghosn, résument tout l'importance de ce combat.

Les Gilets jaunes

Pour Pierre Laurent, Emmanuel Macron fait une grave erreur au sujet de Gilets jaunes : "Ce n’est pas un mouvement poujadiste" dit-il. "Des millions de gens n’arrivent plus à s’en sortir. Le premier accès de colère est venu des retraités. Les syndicats disaient 'Le pouvoir d’achat, c’est la lutte première', ils avaient averti."

Pierre Laurent estime aussi que le gouvernement doit cesser d’augmenter les taxes sur le carburant car "c’est un prélèvement injuste". Il souhaite en revanche qu'on augmente les salaires. Les incident au cours des blocages des Gilets jaunes l’inquiètent, mais il "ne confonds pas la colère populaire et l’instrumentalisation à laquelle se livrent les uns et les autres, les Gilets jaunes n’en veulent pas non plus.

J'irai à la manifestation contre les violences faites aux femmes. (...) Je n'irai pas manifester aux côtés de Wauquiez ou du Rassemblement national.

En réalité, à ses yeux, "la situation est explosive en permanence dans les territoires d’outre-mer". "Le gouvernement doit entendre, poursuit-il. La marmite est en train d’exploser et si la gauche ne se redresse pas, on va vers des mouvements extrêmement inquiétants.

Le 24 novembre, "j’irai à la manifestation contre les violences faites aux femmes. Je n’irai pas manifester aux côtés de Wauquiez ou du Rassemblement national" explique encore Pierre Laurent.

Nucléaire et environnement 

Pour le chef du Parti communiste, il aurait fallu "discuter du développement du transport public ferroviaire" lorsque l'on a parlé de transition écologique.

Pierre Laurent souligne aussi qu'il faut selon lui "nationaliser les concessionnaires privés des autoroutes, prendre l’argent dans les poches de Total". Il n'est pas favorable à la fermeture de réacteurs : "Pour plusieurs décennies encore nous avons besoin du nucléaire, si on veut par exemple développer les voitures électriques." Pierre Laurent estime enfin que l’urgence écologique porte principalement sur la question du climat et pour lui, "il n’y a pas de lien avec le nucléaire. Le nucléaire pose la question du danger et de la gestion des déchets."

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Pierre Laurent © AFP / ludovic MARIN / AFP
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