Nina Bouraoui, auteure de "Tous les hommes désirent naturellement savoir", et Jérôme Ferrari, auteur de "A son image", sont les invités du Grand Entretien d'Eric Delvaux.

Rentrée Littéraire
Rentrée Littéraire © AFP / Denis Meyer / Hans Lucas

Nina Bouraoui, auteure de Tous les hommes désirent naturellement savoir (éditions JC Lattès), et Jérôme Ferrari, auteur de A son image, (Actes Sud), ont été sélectionnés par France Inter et le Journal du dimanche pour la rentrée littéraire. Comment vivent-ils la période ? Comment analysent-ils la condition du métier d'auteur ? Est-elle menacée ? Sont-il satisfaits de la politique culturelle ?

Nina Bouraoui : "Je voulais aller à l’origine de la violence. Je me suis rendue compte qu’il était impossible de n’écrire que sur ma mère. J’ai voulu écrire sur mon enfance à Alger. Quand les Français quittent l’Algérie, elle arrive. Cette Bretonne blonde a aimé l’Algérie. Elle a été souvent une proie, c’est une française qui arrive en 1962 dans un pays traumatisé par la guerre. 

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Je voulais aussi raconter l’homosexualité. Je suis devenue un écrivain dans cette boîte de nuit, le Katmandou, où je retrouvais des femmes qui avaient la même sexualité. Il y avait beaucoup de romance mais aussi beaucoup de violence. 

Chaque homosexuel a éprouvé un jour sa propre homophobie.

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Jérôme Ferrari : "Antonia meurt au début du roman. Elle a eu son premier appareil photo à 14 ans. Elle travaille d’abord dans la presse locale. La photographie est un art du déjà révolu. Cela me fascine les photos de famille et le photoreportage de guerre. Cela pose des questions éthiques. Les images sont à la fois puissantes mais elles n’ont rien changé. Elle est aussi amoureuse d’un militant nationaliste. J’ai mesuré les dérives possibles de l’usage de la violence en politique."

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N.B. : "Il n’y a aucun chemin à prendre à part celui de la vérité du livre."

J.F. : "Les prix sont un moyen d’apporter une aisance financière mais surtout le plus bénéfique c’est que cela provoque des traductions."

Le destin d’un livre est complet quand il quitte sa langue d’origine.

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N.B. : "Pourquoi ne jamais retourner en Algérie ? J’ai peur d’ouvrir une porte sur des souvenirs fossilisé, j’ai peur de perdre cette lumière. C’est mon deuxième pays. Ce livre donne le sens double de ce que l’on est."

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