François de Rugy, président de l'Assemblée nationale, est l'invité du Grand entretien de Frédéric Métézeau.

L'affaire Benalla paralyse l’Assemblée nationale. La réforme constitutionnelle est en attente. Le ministre de l'intérieur va être auditionné dans la matinée par la commission des lois. La majorité est elle exemplaire et responsable comme l'avait promis Emmanuel Macron ? Quelles sanctions doivent être prises ? Le prédisent de la République doit il s exprimer ? Faut il reprendre la discussion sur la réforme constitutionnelle à la rentrée? François de Rugy, président de l'Assemblée nationale, est l'invité du Grand entretien de France Inter. 

Rien ne permet d’affirmer qu’il y a des barbouzes à La République en Marche", affirme-t-il, reprenant un terme utilisé ce week-end par un représentant syndical. "Il faut que la tension retombe pour qu’on puisse établir les faits. La commission d’enquête parlementaire, c’est aussi le bon fonctionnement de nos institutions, cela permettra d’établir la réalité des faits", poursuit le président de l'Assemblée, alors que débute ce lundi à 10h l'audition du ministre de l'Intérieur par cette commission d'enquête. 

Quel était le rôle exact d'Alexandre Benalla ? "A priori, c'est est un individu qui a pu avoir des missions de sécurité, mais il n’était pas le responsable de la sécurité. Le président de la République a rappelé que _c’est le Groupe de sécurité de la présidence de la République qui est chargé de la sécurité de l’Elysée_, aujourd’hui comme hier, même si de président en président, il y a eu des changements".

Qui sera auditionné par cette commission d'enquête ? Selon François de Rugy, cela fait l'objet de discussions entre les membres de la commission, et aboutit sur un vote en cas de désaccord. Mais le président de l'Assemblée nationale souligne la rapidité avec laquelle cette commission (qui est en réalité la commission des lois transformée en commission d'enquête) s'est mise en place : "A 10 heures ce lundi le ministre de l’Intérieur est auditionné, c’est d’une rapidité inégalée. Il y a eu souvent des refus ou des délais. Jeudi soir, le principe de transformer la commission des lois en commission d’enquête était acté". 

Il détaille : “Il y a eu une demande de l‘opposition d’avoir une commission d’enquête. Nous avons regardé comment avoir une réponse immédiate. Dès que possible nous avons mis en place cette commission d’enquête exceptionnelle, transformer la commission des lois, avec les mêmes attributions qu’une commission d’enquête, co-gérée par une députée de la majorité et un député de l’opposition“.

"J'ai veillé à ce que l'Assemblée nationale puisse jouer son rôle dans cette affaire”.

Le président de l'Assemblée nationale refuse de voir Gérard Collomb comme un potentiel "fusible" : “Si on anticipe, avant même son audition, qu’on dit qu’il est responsable, ce n’est pas le bon fonctionnement de nos institutions. Ce n’est pas en direct dans l’hémicycle que l’on juge des gens. On fait les choses de façon régulière, sérieuse, c’est ce qui permet de garantir aux français que l’on ne va rien changer”. 

Quant à la mise en cause d'Emmanuel Macron dans cette affaire, "c'est de bonne guerre" affirme François de Rugy : "C’est la logique politico-médiatique, moi je n’ai aucun élément qui permette de mettre en cause le président. Je voudrais qu’on puisse à un moment remettre les pieds sur terre : ce n’est pas le président de la République qui a demandé à un collaborateur d’aller sur la manifestation du 1er mai et de faire ce qu’il a fait ! Il faut garder le sens des mesures". 

Aucun article de la Constitution n'interdisant au Parlement de convoquer le Président, la commission d'enquête pourrait-elle demander à Emmanuel Macron de venir s'expliquer ? François de Rugy n'a pas la même interprétation : "Il y a quelques années, il y a eu un débat à l'Assemblée sur le statut du chef de l’Etat : _il a été convenu de façon assez consensuelle qu’on ne pouvait pas mettre en cause le président de la République_, il n’est pas responsable politiquement devant le Parlement, c’est le gouvernement qui est responsable devant le Parlement”. 

François de Rugy dit espérer que le travail sur la réforme constitutionnelle pourra reprendre rapidement, après la suspension des travaux décidée ce week-end : "La majorité était bien présente, elle a voulu qu’on puisse reprendre le travail sur la constitution. Ce travail ne doit pas être perdu, les oppositions sont contradictoires sur ce point d’ailleurs. Moi je travaille avec tous ceux qui veulent sincèrement amender le projet pour réformer nos institutions". Alors qu'une conférence des présidents doit avoir lieu ce lundi pour faire le point sur le calendrier parlementaire, cette réforme ne reviendra probablement pas à l'Assemblée d'ici l'automne, mais "c’est l’occasion de renforcer les pouvoirs du Parlement", assure le président de l'institution.

Les invités
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.