Franck Riester, ministre de la Culture et de la Communication, est l'invité du grand entretien sur France Inter.

Le nouveau ministre de la Culture Franck Riester est l'invité du grand entretien de la matinale quelques jours après sa nomination. Quelles grandes orientations culturelles pour le remplaçant de Françoise Nyssen ? Comment incarner la politique culturelle d'Emmanuel Macron ?  Quels contours pour la future loi sur l'audiovisuel ?

Le nouveau ministre, qui se dit "assez éclectique" dans ses goûts et cite Victor Hugo et Coldplay parmi ses préférences, insiste sur l'importance, pour son poste, de "connaître le Parlement, connaître ce qui est important en politique, d'être en relation avec tous les acteurs du sujet". Il estime toutefois que la politique menée par sa prédécesseure, Françoise Nyssen a été fructueuse, "d'abord sur l'accès à la culture" : il cite notamment la politique de démocratisation culturelle. "Regardez ce qui se fait en matière de circulation des œuvres majeures et des artistes (...)", même si selon lui "la Joconde est un cas particulier".  

Alors que 85% des crédits du ministère pour l'année à venir sont déjà affectés, Franck Riester rappelle que "le choix est fait d'appuyer sur le patrimoine et l'entretien du patrimoine", avec par exemple les travaux du Grand Palais à Paris, "un site exceptionnel qui mérite d'être modernisé et sécurisé pour être à la hauteur de ce site, qui est un symbole de Paris". 

Sur la question du cinéma et des négociations avec Canal plus, il y a, selon Franck Riester, "des enjeux à long terme et à court terme". A long terme, il s'agit de mettre en place de nouvelles règles de financement et d'exposition des œuvres, en s'appuyant sur des dispositions européennes, pour "mieux rendre équitables les acteurs traditionnels, la télévision, le cinéma, par rapport aux nouveaux entrants" comme Netflix. "A court terme, il y a les discussions conduites entre les différents éditeurs de TV dont Canal plus et les producteurs et les exploitants, sur la chronologie des médias, et qui doivent évoluer. Cette réglementation doit évoluer avec l’évolution des usages", explique-t-il.

Cela passe aussi par une mise en conformité des nouveaux acteurs à la fiscalité française. "Les GAFAN doivent avoir une fiscalité similaire aux acteurs traditionnels et doivent contribuer comme l’ont fait les acteurs traditionnels au financement de la création européenne et française", a-t-il également déclaré. 

Nous devons lutter contre l'uniformisation culturelle : ça passe par une fiscalité et une législation qui permettent davantage d’équité.

Sur l'audiovisuel public, Franck Riester, qui a déjà évoqué l'idée d'une "BBC à la française", explique que tous les groupes publics et privés "s’organisent pour tenir compte de la révolution numérique, en se rapprochant, en travaillant davantage ensemble, en mobilisant des moyens communs. Il faut absolument se rapprocher (...), le point d’arrivée de tous ces partenariats, ça doit être un groupe capable de répondre aux objectifs d’adaptation aux usages. nous avons besoin d’un audiovisuel fort, ambitus, qui réponde aux demandes de nos compatriotes".

"On doit être en mouvement, parce que si on n'est pas en mouvement, on est faible"

Il avertit en revanche que "l'enjeu est de ne surtout pas entrer sur les questions de réforme de l'audiovisuel public sur le seul champ budgétaire". 

"On a un vrai besoin d’audiovisuel public : en matière d’information, de divertissement, de création, il faut que l’on dote la France d’un dispositif modernisé qui mobilise ses moyens sur les contenus et les programmes plutôt que sur la logistique". 

Engagé contre la publicité sur l'audiovisuel public lorsqu'il était député, il affirme que selon lui "la publicité ce n’est pas la priorité sur les groupes audiovisuels publics. J’étais favorable à une spécificité de l’audiovisuel public qui permette de ne pas avoir de publicité. Il y a un modèle actuel qui mêle publicité et redevance. Ce modèle, sur le temps long, mérite d’évoluer et de revenir à des fondamentaux, il faut qu’on entende la différence. La différence, on l’entend aussi par l’absence de publicité". 

Cela passera-t-il par la mise en place d'une redevance pour tous ? "C'est évidemment une ressource majeure pour l’audiovisuel public, elle doit être pérennisée, confortée, et avec la fin, à terme, de la taxe d’habitation, ça nécessitera une décision. Quelles seront les modalités ? Il me semble que ça doit être un financement non budgétaire - ça doit être un dispositif directement affecté à l’audiovisuel public et dont les modalités doivent évoluer avec l’évolution des usages", s'est contenté de répondre le ministre.

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Franck Riester © AFP / Francois Mori / POOL / AFP
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