Alors que le gouvernement doit présenter mercredi un plan pour les "aidants" qui interrompent leur vie professionnelle pour accompagner un proche, la secrétaire d'État Sophie Cluzel a "salué un pilier de la société bienveillance, fraternelle, solidaire", dans le Grand entretien de France Inter.

"C'est toute la société qui est touchée et qui le sera de plus en plus avec le vieillissement de la population" a estimé Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées et invitée de France Inter mercredi matin. La ministre a tenu à "saluer un pilier de la société bienveillance, fraternelle, solidaire" : "Soyons solidaires avec ceux qui le sont déjà, c'est le message que je veux faire passer", a-t-elle poursuivi, évoquant 10 millions de proches aidants "qui interrompent parfois leur vie professionnelle et accompagnent pour des raisons liées à la maladie, à l'âge, au handicap, un proche : 90 % c'est un proche, 50 % c'est un conjoint". 

Alors qu'un salarié sur quatre devrait être un aidant d'ici dix ans, "nous allons rémunérer le congé" pour aider un proche "qui est aujourd’hui très peu connu" a annoncé Sophie Cluzel évoquant par ailleurs une meilleure information des "proches aidants" pour "simplifier la vie" face à la "paperasse administrative colossale". "Nous allons aussi doubler les solutions de plateformes pour pouvoir avoir du répit. 195 plateformes fonctionnent déjà. Mais nous voulons l'ouvrir à tous les aidants" a-t-elle ajouté. 

"C'est la dégringolade que nous voulons éviter. On veut offrir en amont des solutions de répit, éviter la désinsertion professionnelle des proches aidant", a expliqué Sophie Cluzel. La ministre explique également "travailler" sur les cotisations retraites, avec Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire chargé du sujet au gouvernement, pour "ne pas pénaliser les trous dans la raquette". 

"Croyez-moi, ce n'est pas une vie"

"On a besoin d'aide, tout le temps. Et une fois qu'on est dans ce burn-out, c'est désespérant. Même avec les allocations de la Maison du handicap et l'arrêt maladie, je n'ai pas les moyens de consulter une psychologue. Je n'ai pas les moyens et je ne peux pas faire garder ma fille pour aller au rendez-vous. Le monde continue de tourner quand on a un enfant handicapé. J'entends les solutions mais elles s'appliquent à une infime partie de la population et on a besoin d'aide, on crie notre désespoir. Croyez-moi, ce n'set pas une vie et il faut qu'on soit en forme si on veut que nos enfants le soient", a témoigné Marianne, mère d'une enfant autiste, lors du dialogue avec les auditeurs. 

"Ce témoignage me remonte souvent, c'est l'absence d'une solution adéquate pour son enfant. Parce qu'elle s'est substituée à une solution complète. C'est tout l'enjeu de la stratégie nationale pour l'autisme que je porte pour accompagner beaucoup mieux ces personnes" a répondu Sophie Cluzel. "Ce que Marianne nous dit, c'est que sa santé propre est en cause. Forcément, elle se fait du souci. Encore une fois, c'est complémentaire aux autres stratégies que nous avons. Pour accompagner un enfant autiste, il faut qu'il soit à l'école à temps complet, avec les services de soin et de rééducation et que surtout elle soit accompagnée aussi. Et pour Marianne, son 80 % peut enclencher des droits. Elle n'aura plus besoin d'aller à la Maison départementale des personnes handicapées, parce que j'ai donné des droits à vie pour les personnes et elle aura des droits sur les vingt ans de son enfant, donc déjà nous soulageons administrativement et c'est important", soulignant les simplifications administrative en cours pour les proches aidants. 

  • Légende du visuel principal: Sophie Cluzel © AFP / Marie Magnin
Les invités
  • Sophie CluzelSecrétaire d'État chargée des personnes handicapées
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