Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis, est l'invité du grand entretien d'Ali Baddou et Alexandra Bensaid à 8h20.

Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon veut "assumer sa responsabilité" pour unir la gauche dans une "fédération populaire" si les élections européennes lui "en donnent la force", dit-il dans un entretien à Libération à paraître ce mercredi.

"Il faut fédérer le peuple sur des sujets précis"

Pour Alexis Corbière, "la question c’est de transformer un mouvement populaire très important, comme celui des hospitaliers, ou des 'gilets jaunes', une défiance vis-à-vis des politiques, il faut préparer l’après Macron, il faut fédérer le peuple sur des sujets précis". 

Selon Alexis Corbière, il s'agit donc, avec cette fédération populaire, de "s’adresser à ces millions de gens mobilisés et qui en ont assez, et c'est aux abstentionnistes que nous voulons nous adresser"

"Ce n'est pas nécessairement une question des partis et d’aller voir des chefs. Cela peut prendre la forme d’un accord programmatique. Sur le fond, est on d’accord sur une réforme fiscale, sur la fin de la Ve République.  Sur ces taches, on peut se retrouver, et c’est ouvert à tous". 

"La réalité c’est notre centralité" , dit Jean-Luc Mélenchon dans l'entretien accordé à Libération. Pour Alexis Corbière cela répond à la posture du Parti socialiste, qui a "toujours répondu, qu’ils sont la centralité". 

Concernant la candidature de Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique aux élections européennes, Alexis Corbière estime que : "c’est une caricature, il ne parle que d’unité et en fait c’est de la diplomatie. Le mouvement concret d’émancipation ne l’intéresse pas."

Après que Jean-Luc Mélenchon a été comparé à Margaret Thatcher, Alexis Corbière répond que "Glucksmann est un tchacheur, il était pour Sarkozy en 2007. Le monde existait avant le cadeau qu’il a fait à la France en étant candidat. S’il pense que Jean-Luc Mélenchon c’est madame Thatcher, je le laisse dans ses délires". 

Penser l'après-Macron

Selon Alexis Corbière, "il y a une angoisse qui monte sur l’après Macron, mais ce serait absurde si la seule réponse était de rejoindre la France Insoumise. Retrouvons-nous, regroupons-nous, dans une forme dynamique et vivante, d'où ce mot de fédération populaire. Le premier problème est que nous avons c’est une abstention populaire extrêmement forte. Il y a un reflux populaire. [Je fais pourtant le pari que] notre score aux Européennes sera équivalent à celui des législatives. Ce serait terrible que Macron, apparaisse comme le vainqueur".

Alexis Corbière appelle les citoyens à "noyer le macronisme dans une mobilisation populaire".

"La politique de Macron, c’est une politique d’austérité et de réduction des services publics qui est menée au niveau européen. Est-ce que Macron, après des mois de mobilisation , pense que les gens veulent travailler plus pour gagner moins ?"

"Nous n'appliquerons pas les traités européens"

Interrogé sur la politique européenne de la France Insoumise, pour ou contre une sortie de l'Europe, il répond : 

"Nous ne nous soumettrons pas aux traités actuels, nous désobéirons, et nous n'appliquerons pas ces traités. Nous trouverons des partenaires pour des politiques de solidarité et des politiques écologiques. Cela se passera nécessairement pas dans le ronronnement." 

Alexis Corbière conclut sur le climat d'affrontement qui règne en France et sur la volonté de la France Insoumise de mener "une stratégie du conflit, car dans le conflit né le débat. Le fait de taper fort sur le tambour, les gens tendent l’oreille. Nous avons  assumé des formules chocs, pour créer le conflit intellectuel. Méfiez-vous de ceux qui sont toujours d’accord, ça c’est la tyrannie". 

  • Légende du visuel principal: Alexis Corbiere © AFP / Edouard Richard
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