Alors que doit débuter à partir du 11 mai un déconfinement progressif du pays, le ministre de la Santé Olivier Véran a estimé sur France Inter que les mesures d'isolement avaient "très probablement" sauvé "des dizaines de milliers de vies".

"Il est très probable que nous ayons collectivement, tous les Français, par le respect du confinement, sauvé des dizaines de milliers de vies et peut-être même plus encore", a estimé sur France Inter le ministre de la Santé, Olivier Véran, ajoutant que le confinement avait permis d'éviter la saturation des services de réanimation. Il partage ainsi l'analyse de l'École des hautes études en santé publique (EHESP), selon laquelle le confinement a permis d'éviter 60.000 morts en France. "Elle montre bien la nécessité et le succès du confinement qu'il faut encore poursuivre sur plusieurs semaines", a encore estimé Olivier Véran. 

Des chiffres qui montrent "la nécessité et le succès du confinement", ajoute le ministre de la Santé, qui précise tout de même "qu'il faut le poursuivre". En revanche, Olivier Véran se montre bien plus prudent sur les chiffres avancés par l'Institut Pasteur mardi au sujet de l'immunité collective. 

Selon une estimation de l'Institut, moins de 6 % des Français auront été infectés par le coronavirus au 11 mai, alors qu'il faudrait que 70 % de la population ait été infectée pour parler d'immunité collective. Pour le ministre, il faut mettre "énormément de conditionnel, et dans les 6 %, et dans les 70". "Je ne sais pas exactement aujourd'hui combien de Français sont infectés", admet Olivier Véran, "on a des modélisations, on a des études, mais j'ai appris avec ce virus à rester extrêmement prudent face aux données qui ne sont pas gravées dans le marbre".

Des masques à l'école ?

Répondant à la question d'une jeune auditrice de 11 ans, l'interrogeant sur le port du masque à l'école, le ministre de la Santé a aussi estimé "qu'il est très compliqué de demander à un enfant de 10 ans ou 11 ans de porter un masque toute la journée". "Je ne peux pas arbitrer sur France Inter, mais je considère que c’est très compliqué de demander aux enfants de porter un masque toute une journée, sans le toucher, etc. Il faut insister sur les gestes barrières et les enfants se sont vraiment approprié ces gestes là, les enfants sont des éponges." Le ministre estime en revanche que, si l’on s'apprête à permettre au grand public de porter des masques, "on pourrait le faire aussi pour les enseignants".

À propos du port du masque dans l'espace public, le ministre de la Santé a expliqué que le gouvernement "préparait le pays à porter des masques grand public" : "On a fait un choix rigoureux d'avoir des masques qui filtrent 70 % à 90 % des particules. Ces masques là prennent un peu plus de temps à fabriquer et à produire mais on pourra les donner aux Français en leur disant que c’est un vrai gage de sécurité. Je préfère ça plutôt que dire aux Français de mettre une écharpe sur le nez ou de faire un masque avec un t-shirt. L’impression de protection n’est pas une protection."

La distribution de ces masques doit se faire, selon le ministre, par tous les moyens. "Je ne fermerai aucune porte, il faut s'appuyer sur les maires, les collectivités. Il faut passer par les pharmacies, qui font depuis le début un job admirable. Par les grandes surfaces, les supérettes, pourquoi pas les buralistes, mais l’idée est de généraliser ces masques grands publics." Olivier Veran évoque des masques entre 2 et 5 euros, coût de la production textile, ce qui revient pour ces dispositifs réutilisables jusqu'à une trentaine de fois, un prix de quelques centimes à chaque utilisation.

  • Légende du visuel principal: Olivier Véran © Radio France /
Les invités
  • Olivier VeranHomme politique, ministre de la Santé, ex-député LREM de l’Isère, neurologue au CHU de Grenoble
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