Mounir Mahjoubi, Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances et du ministre de l'Action et des Comptes publics, chargé du Numérique, est l'invité de Frédéric Métézeau à 8h20.

Pour Mounir Mahjoubi, il y a beaucoup à apprendre du mouvement des gilets jaunes. "Il s'y est passé différents moments", explique-t-il. "Il y a eu cette première fois où l'on a vu sur des plateaux télé des mères célibataires qui expliquent que c'est impossible de finir les fins de mois. Ces voix-là, j'étais assez heureux de les entendre. Plus jamais la politique ne sera comme avant, parce que maintenant tous les Français se sont dits : nous avons la capacité d'être entendus."

"Et puis il y a les autres : ceux qui ont essayé de casser Paris cinq fois d'affilée. Les images étaient ignobles hier matin", déplore le secrétaire d'État. "Il y avait ces cris, ces cris de rugby, ces cris animaux, pour faire peur, il y a eu ces chants de quenelles. Le plus ignoble avec ces chants, c'est le sourire qui va avec : ils sont heureux de vomir sur l'Histoire et sur les Français."

Sur le fond, il revient également sur l'une des propositions insistantes de certains des "gilets jaunes" : le référendum d'initiative citoyenne, le RIC. "Le plus grand danger, ce sont les référendums permanents, ceux où l'on pourrait remettre en cause les acquis sociaux. J'ai toujours soutenu une France plus participative, mais il n'y a pas que le RIC : il y a le référendum d'initiative partagée, le référendum d'initiative populaire... Il y a de très nombreux modèles qui existent dans le monde, à nous de débattre ensemble pour voir celui qui correspond le plus à la France."

"Fake news" et démocratie

La démocratie peut-elle fonctionner sur fond de diffusion de fausses informations à des fins politiques ? Non, pour Mounir Mahjoubi : "Aujourd'hui, on a un vrai sujet autour du vrai, autour du complot. Le complot, c'est délicieux, ça sonne bien, ça ressemble plus à la vérité que la vérité. La vérité, c'est terrible ! C'est simple, mais c'est pas parce que c'est simple que c'est faux. Oui, ce sont des hommes et des femmes qui sont responsables des plus grands drames de notre Histoire, c'est pas une société secrète."

Pour lui, "ce qui est dangereux avec le complotisme, c'est que ça empêche la mobilisation sincère. Si on croit qu'il suffit de trouver les coupables pour les tuer, alors on ne se mobilise pas au bon endroit. Parce que les coupables, ils n'existent pas, les coupables c'est nous tous, c'est un système qu'il faut transformer et pour lequel il faut se mobiliser."

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Mounir Mahjoubi © Radio France / Conseil national du numérique
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