L'essayiste Caroline Fourest publie "Génération offensée : De la police de la culture à la police de la pensée" chez Grasset. Elle est l'invitée du Grand Entretien de la matinale de France Inter avec Nicolas Demorand et Léa Salamé.

"J'ai beaucoup enseigné à Science po, j’adore la curiosité [des millenials, ndlr] mais je crois qu’on est surpris par leur susceptibilité" estime l'essayiste. "Ils appartiennent à la génération qui n’a pas mené de grands combats". 

"On a le sentiment par moment que ce qui les irrite le plus c’est que des chanteuses se fassent des dreadlocks. Je pense qu’ils sont plus efficaces quand ils se battent contre le changement climatique"

"On ne doit pas enfermer cette demande d’égalité dans cet statut d’éternelle victime" estime Caroline Fourest : "On a tendance a voir des pro de la victimisation : par exemple sur des campus américains, quand vous revendiquez d'être victimes de micro-vexations".

"Aujourd'hui, Madonna se fait descendre par la gauche bien pensante pour avoir porté des tenues berbères"

"Ce qui se passe sur les réseaux sociaux est annonciateur d’une vision d’un antiracisme, antisexisme, qui conduit à ne plus supporter les micro-vexations, ou la divergence d’idées".

"Quand j’avais 20 ans, je pense que je ne me serais pas reconnue dans le discours que je suis en train de tenir" avoue l'essayiste.

"Quand on défend le droit au blasphème on défend aussi le droit d’offenser" explique-t-elle : "Je suis pour les lois antiracistes et qu’on garde une forme de souplesse par rapport au contexte d’un propos".

"Charb disait 'Nous sommes devant des analphabètes de l’humour'"

#JesuisMila : "Évidemment que 'Je suis Mila'. À Charlie Hebdo, je remarquais déjà que les blasphémateurs ne sont jamais des gens très polis et profonds (...)Si toutes les paroles se valent, on ne va pas s’en sortir, on va perdre de vue le signifiant et l’insignifiant".

  • Légende du visuel principal: Caroline Fourest © AFP / Joël Saget
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