La ministre du Travail, Muriel Pénicaud est l'invitée du Grand Entretien de la Matinale avec Ali Baddou.

La présentation en Conseil des ministres de la réforme des retraites sera suivie de la mise en place de commission de financement à partir du 30 janvier, puis la commission spéciale de l'Assemblée nationale commencera les travaux parlementaires le 3 février, et et l'assemblée plénière étudiera le projet à partir du 17 février. 

Nous continuons nos discussions sur les différents volets, pour compléter le texte de loi. 

"C’est pas une bataille, on ne se bat contre les Français", dit la ministre du Travail,  "mais pour un régime plus juste et plus durable"

Le texte sera forcément modifié et amendé. Le parlement n’est pas une chambre d’enregistrement. Je ne vois pas de raisons pour lesquelles il ne serait pas voté. 

Muriel Pénicaud précise qu'il y aura une réforme "mais il y a encore plusieurs mois de travail pour la conférence de financement, avec les partenaires sociaux, et les travaux parlementaires".

"90% des femmes auront en moyenne 5% de plus"

Pour Muriel Pénicaud, "l’anxiété existe déjà aujourd’hui", car "aujourd’hui personne ne sait combien il aura. Mais on peut dire que [après la réforme], 90% des femmes auront en moyenne 5% de plus, avec des points solidaires en plus pour les congés maternité ou parentaux. Qu'elles auront 5% de plus dès le premier enfant et qu'on ne sera plus obligé d’aller jusqu’à 67 ans pour avoir le taux plein". 

Une étude d'impact de 1000 pages vient d'être publiée. 

Interrogée sur les 6 cas de femmes et mères de familles donnés en exemple dans le journal Le Parisien,  qui affirme que "quatre d’entre elles sont perdantes, si elles prennent leu retraite avant 65 ans", la ministre considère que "les cas (choisis par Le Parisien) sont faux, des points de méthode sont erronés". 

"Ça ne sera pas ça dans la vraie vie des gens", assure Muriel Pénicaud. "D'abord parce qu'il y aura des points solidaires en plus pour les congés maternité, parentaux, etc. Or aujourd'hui, les carrières hachées ne sont pas prises en compte, il y a des grands trous dans la raquette", a estimé la ministre du Travail. 

La promesse du Premier ministre sera tenue. Les promesses on les tient , quelques fois ça plait, quelque fois ça ne plait pas

Avec la mise en place de la commission de financement le 30 janvier, "le vrai dialogue commence maintenant, les partenaires sociaux pourront discuter avec les experts et demander toutes les simulations", explique la ministre du Travail. 

Aujourd’hui ne pas faire la réforme c’est sacrifier les jeunes et les générations suivantes

Chacun pourra faire une simulation de sa retraite. "Les gens veulent savoir -et pour moi ça donne quoi. Cela fait 40 ans qu’on n’a pas de simulateur, maintenant on va en créer un".

Partir plus tôt en cas de pénibilité

Interrogée par un auditeur sur la pénibilité et sa prise en compte, Muriel Pénicaud rappelle qu'"on n’est pas égaux en matière de santé au travail ; il y a des métiers qui abîment la santé".

En la matière, elle défend l'idée que "cette réforme peut être l'occasion d'un progrès social". 

"On va permettre aux gens de changer de métier, pour faire une 2e partie de carrière. On veut réduire la pénibilité, on n’est pas bon en prévention. avec des équipements on pourrait avoir moins de pénibilité. il faut y aller par métier. dans chaque branche, les partenaires sociaux peuvent se mettre d’accord". 

Elle précise que les critères de pénibilité,  "on ne les a pas supprimés, on les mesure d’une autre façon. Il y a deux ans, on a dit que ceux pour qui il y a des effets sur la santé, partent deux ans plus tôt". 

Cette réforme peut être l’occasion d’un progrès social. 

"Les critères de pénibilité n'ont pas été supprimés, on les mesure d'une autre façon. (...) Ceux pour lesquels le médecin reconnaît 10% d'incapacité partent deux ans plus tôt et ce sera conservé.

La constance de la CGT

Philippe Martinez, pour la CGT, maintient son opposition et sa demande de retrait pur et simple du projet de réforme. 

"Philippe Martinez est constant, il ne veut pas de cette réforme" dit Muriel Pénicaud. "Il propose de maintenir le système actuel, or un système qui pénalise les précaires, les femmes et les agriculteurs, je m’excuse, il n’est pas parfait, un système qui laisse la dette à nos petits enfants , n’est pas parfait. La réforme est nécessaire, et avec les autres syndicats, CFDT, UNSA ,CFTC, et les organisations patronales,  on a une voie de passage pour faire quelque chose qui va améliorer le texte"

  • Légende du visuel principal: Muriel Pénicaud © AFP / Ludovis Marin
Les invités
  • Muriel PénicaudMinistre du Travail, ex-membre du comité exécutif de Danone, ancienne directrice générale des Ressources humaines et présidente du conseil d'administration du Fonds Danone Ecosystème
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