Gilles Roussel, président de la Conférence des Présidents d'Université (CPU) est l'invité du Grand entretien de Frédéric Métézeau à 8h20

Parcoursup
Parcoursup © AFP / LIONEL BONAVENTURE / AFP

Au moment de la fermeture estivale des universités, quel bilan Gilles Roussel dresse-t-il de Parcoursup ? S'agit-il d'un système égalitaire entre les élèves ou au contraire ne renforce-t-il pas la différence entre les bons et les moins bons futurs étudiants ? Comment rendre ce système plus fluide ? Doit-on revoir le budget alloué aux universités ?

Pour Gilles Roussel, il est encore trop tôt pour tirer un bilan de Parcoursup en comparaison avec APB, les deux systèmes n'ayant pas le même fonctionnement. Mais l'un des enseignements qu'il tire de cet outil est lié au fait que lorsque les futurs étudiants reçoivent des propositions, celles-ci leur sont réservées jusqu'à ce que le choix effectif (oui ou non) soit fait : "Certains élèves gardent des vœux en attente très longtemps alors qu’ils savent très bien qu’ils ne les prendront pas pour repousser le plus possible le choix de la filière dans laquelle ils voudront aller". Résultat : "Même certains établissements prestigieux comme le lycée Louis-Le Grand, le jour de la fermeture pour les vacances, avaient 50% de leurs vœux validés définitivement. Ça pénalise la chaîne d’inscriptions par rapport aux années précédentes". 

"Une fois que vous avez eu votre place dans Parcoursup je demande à tous les jeunes qui savent où ils veulent aller de dire un oui définitif pour bien libérer des places".

"Je fais tout à fait confiance aux algorithmes, d’autant plus que ceux qui ont été proposés pour la plateforme ont tous été rendus publics", assure Gilles Roussel. 

Alors que le défenseur des droits a été saisi sur la question des inégalités qu'induisent les versions "locales" de cet algorithme, le président de la conférence des universités répond : "Il n’y a pas d’algorithmes locaux, parce que certains étudiants ont des profils atypiques pour lesquels on est obligés de les classer en regardant leur dossier, ils sont uniques dans leur catégorie (...) Mais après, pour tout ce qui se fait en termes d’interclassement et de classement individuel des élèves, _toute personne qui a fait un classement savent qu’on ne peut pas utiliser un algorithme_. Ce qu’on pourrait publier, ce sont les critères de classement pour les filières classiques ; mais pas l’ensemble du classement. Par contre on doit être capable d’expliquer à chaque élève comment il a été classé".

La situation de Parcoursup n'est-elle pas, au fond, que le symptôme d'un mal plus profond, un manque d'anticipation face à un choc démographique ? "Il y a eu un manque d’investissement dans les années précédentes pour faire en sorte que l’enseignement supérieur puisse accueillir tous les étudiants. _Il y a 30 0000 étudiants de plus par an depuis 3-4 ans, c’est l’équivalent d’une grosse université en plus chaque année_. Le système a absorbé l’ensemble de ces étudiants". 

Pour Gilles Roussel, "_le risque c’est qu’aujourd’hui on arrive au fait que l’enseignement supérieur soit complètement plein. Nos universités sont largement pleines, avec des financements qui n’ont pas augmenté à la hauteur :_l’an dernier on avait 1000€ de plus par étudiant. Or un étudiant c’est 8 000 ou 9 000 euros par an. On ne fait que diminuer le financement par étudiant dans nos universités, donc notre capacité à les faire réussir".

Pour autant, le président de la Conférence des universités estime qu'il n'y a pas de réel désamour des étudiants pour l'université : "Au niveau des voeux beaucoup d’étudiants choisissent des IUT, des BTS, etc. Mais de très bons étudiants, classés, viennent dans les filières universitaires. On a une différence entre faire un vœu et accepter une proposition : on a plutôt des étudiants dont on ne pensait pas qu’ils viendraient à l’université". 

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