Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, est l'invité du grand entretien de France Inter avec Léa Salamé et Nicolas Demorand à 8h20.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT © AFP / Ludovic MARIN / AFP

"On est face à des décisions unilatérales extrêmement dures", estime Laurent Berger en parlant de la réforme de l'assurance chômage préparée par le gouvernement. "Cette réforme , le gouvernement, ça va lui coller aux baskets pendant un moment" poursuit le chef de file du syndicat CFDT.

Il y a dans notre pays un recul du consentement à la solidarité

"Les chômeurs sont d’abord les perdants de cette réforme (...) Quand les organisations syndicales ne veulent pas négocier, elles perdent leur pouvoir d’agir (...) Ici, les droits remis en cause, c’est des droits que parfois la CFDT a actés seule" affirme Laurent Berger.

"C’est une réforme purement budgétaire, qui va faire beaucoup d’économies (...) La majorité de ces économies, c’est sur le dos des demandeurs d’emplois. Il y a un choix clair de taper sur l’indemnisation des demandeurs d’emploi", estime encore le leader syndical. 

"C’est pour taper ceux qui sont tout au bout de la cordée. Si on veut un décrochement de la solidarité, on fonctionne comme ça"

"Je suis un très mauvais acteur, je ne suis pas dans les coups tactiques", confie Laurent Berger, qui prévient : "Si l’approche poursuivie, c’est un gouvernement avec une vision théorique de l’emploi, de la vie des citoyens, on sera en opposition (...) La CFDT juge sur pièce. On regarde la réalité des sujets. Nous voulons une réforme qualitative des retraites, pas une réforme d’économie."

"Je pense qu’il y a une lassitude démocratique, une absence de sens sur le modèle de société qu'on a envie de construire", continue-t-il.

Je crois qu’il y a une fatigue démocratique qui peut nous emmener loin dans la folie, dans le repli sur soi

"Ce dont il est question aujourd’hui, c’est d’une forme d’indifférence. La réalité c’est que (cette réforme) va s’ancrer dans la vie quotidienne de milliers de chômeurs (...) Il faut arrêter d’avoir une logique de sachants qui agissent pour les subissants, c’est ce que le président a dit dans son discours à l’OIT."

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